Valerie dans tous ses états

Hani Ferland et Yves Harnois collaborent à l'exposition... (IMACOM, MAXIME PICARD)

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Hani Ferland et Yves Harnois collaborent à l'exposition collective Muse en lumière.

IMACOM, MAXIME PICARD

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Hani Ferland réunit autour de Valerie Whissell presque tout ce que l'Estrie recèle de photographes à l'occasion de l'exposition Muse en lumière. Gros plan sur l'effervescence du milieu qui, présentement en région, compte le plus grand nombre d'artistes captivants.

Rien qu'à voir, on le voit bien: il y a depuis quelques années dans le milieu de la photo en Estrie ce qu'il convient d'appeler une effervescence, une ébullition, un bouillonnement, dont le Centre d'art de Richmond se fait l'ambassade officieuse. C'est là-bas que la pétillante Hani Ferland relevait avec amusement l'an dernier une heureuse coïncidence: les expositions de ses amis Annick Sauvé, Yves Harnois et Jean-François Dupuis comprenaient toutes un portrait de Valerie Whissell, combative soldate de l'acceptation de soi et initiatrice de la campagne de street art ITs Ok!

Mais trois photos de la même fille, ce n'était pas assez. Animée par son habituel esprit jusqu'au-boutiste, la chroniqueuse de La Nouvelle et meilleure photographe rock en ville propose à une douzaine de ses collègues d'immortaliser l'espiègle bette de Valerie pour une exposition, Muse en lumière, qui leur permettrait d'amasser des sous pour le GRIS Estrie (grâce à un encan silencieux).

L'événement serait aussi l'occasion de réunir dans une même salle les nombreux photographes qui se signalent depuis quelques années et qui écrivent présentement les grandes lignes de ce qui apparaîtra sans doute dans le futur comme un temps fort pour la photo estrienne.

«Rassembler tout ce monde-là crée forcément quelque chose de puissant», note Yves Harnois, en évoquant l'esprit de saine émulation que nourrit pareille rencontre entre autant d'artistes habitués à astiquer leurs lentilles chacun dans leur coin.

Adepte du numérique, Harnois forge depuis trois décennies une signature reconnaissable entre toutes grâce à des portraits aux couleurs diaphanes, soigneusement composés. Son appareil est d'abord et avant tout pour lui une main tendue, un instrument lui permettant d'établir un dialogue fécond avec l'autre.

«Je veux toujours apprendre à connaître mes sujets, et c'est exactement ce que j'ai fait avec Valerie, explique-t-il. Je suis allé passer une journée complète avec elle à Montréal. L'idée, c'était d'entrer dans son monde, de m'asseoir dans le café qu'elle fréquente, de me promener dans les lieux où elle aime traîner, d'aller voir des expositions avec elle.»

Hani Ferland a pour sa part choisi de couvrir de confettis sa muse tatouée. On reconnaîtra là l'esprit doucement punk de notre photographe de concerts préférée, qui sait à la fois saisir en arrière-scène l'instant intime durant lequel son sujet laisse tomber le masque, et l'instant fugace où l'artiste sur scène se hisse haut pour toucher aux étoiles. «Quand je prends des photos backstage de Steve Hill qui enchaîne les cigarettes ou de Vincent Vallières qui fait son test de son seul dans un congrès de profs, je me sens privilégiée.»

Ne voilà que deux manières d'envisager la photo parmi celles que met de l'avant l'exposition Muse en lumière, où se coudoieront le numérique et l'argentique, le noir et blanc et la couleur, le polaroid et des photos prises avec un iPhone.

De qui Hani et Yves admirent-ils particulièrement le travail parmi ceux qui accrocheront à Richmond? Yves: «Guy Tremblay est un vieil ami, un artiste très puriste [parce qu'il ne travaille qu'en argentique, pour créer des photos en noir et blanc]. Ça lui a valu quelques chicanes, mais c'est son côté indocile qui lui a permis de devenir un des photographes les plus importants au Québec.»

Hani: «J'admire Félix Bouchard [aperçu sur scène en tant que guitariste de lackofsleep], qui en est à sa première exposition. Félix trippe sur le cinéma, il a vraiment l'oeil pour les scènes de rue, qu'il capte de façon décalée.»

Érik Beck, Michel Chamberland, Jean-François Dupuis, Sarah J Fournier, Jessica Garneau, Poivre Mauve, Luc Pallegoix et Annick Sauvé ont tous aussi contemplé Valerie à travers leur viseur. L'énigmatique Ultra Nan ourdirait quant à lui dans le secret de son atelier une oeuvre surprise.

Encan silencieux de Muse en lumière

Jeudi 23 avril de 17h à 19h

Exposition à l'affiche jusqu'au 22 mai

Centre d'art de Richmond

La muse Valerie Whissell... (ARCHIVES LA NOUVELLE) - image 2.0

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La muse Valerie Whissell

ARCHIVES LA NOUVELLE

Parole à la muse

Et du point de vue de la téméraire muse, c'était comment que de jouer à la modèle sous une douzaine de regards différents?

«C'était à la fois épeurant, thérapeutique et un pur bonheur», répond Valerie Whissell, qui s'est perdue dans la vieille prison Winter avec Félix Bouchard, a été couverte de peinture par l'équipe de Jessica Garneau et s'est métamorphosée en biche transgenre (!) grâce à Luc Pallegoix.

«Je ne me suis pas sentie comme un bol de fruits sur la table qu'on observe pour l'esquisser, poursuit-elle. J'avais l'impression d'entrer dans la bulle des artistes et de partager un moment bien spécial avec eux. Je pense que j'ai grandi intérieurement, que j'en ai appris davantage sur moi. Je suis heureuse de montrer aux autres que ITs Ok to be yourself, ITs Ok to be gay, ITs Ok to live your dreams. La vie n'est pas toujours facile, mais quand tu apprends à être toi-même, la vie te shine dessus!»

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