Alice : Voyage au bout de l'amour

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Alice, sans les «Intellects», lancera fin août un deuxième album, Climbing Away.

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La Sherbrookoise d'origine Ariane Bisson McLernon rogne « and the Intellects » de son nom de scène. Ne reste plus qu'Alice et une ensorcelante série de chansons de rupture à paraître le 21 août sur un nouvel album, Climbing Away.

Existe-t-il une telle chose qu'une petite peine d'amour? Probablement pas. Disons quand même que, dans la mesure où être quitté fait toujours mal, Ariane Bisson McLernon a traversé une « très, très grosse peine d'amour ». C'était il y a deux ans.

« Le premier mois a été très "mouah" », se rappelle-t-elle en choisissant une onomatopée volontairement euphémisante pour décrire l'accablement dans lequel l'a jetée sa solitude forcée. « Puis, j'ai eu une bourse du Conseil des arts du Canada et je me suis mise à ne faire que des chansons. Je ne faisais vraiment que ça. Je n'avais plus de vie sociale. L'album est devenu mon chum, c'est comme si sa création m'avait accompagnée dans les différentes étapes du deuil de ma relation. »

Les fruits de ces mois de réclusion rassemblés sur l'album Climbing Away prouvent si besoin il y avait que la beauté se sert parfois de la douleur comme cheval de Troie. Au coeur de sa nuit noire, la chanteuse se love dans les bras de la mélancolie, tout en se rappelant celui qui est parti sur un ton où se mêlent l'espoir et la résignation. Désir, désillusion et colère sont tour à tour revus à travers le noir et blanc granuleux d'une pop vénéneuse et romantique, que visitent les spectres de Roy Orbison et de Nancy Sinatra. Stéphane Leclerc dissipe à l'occasion, grâce à sa très moriconienne guitare, le brouillard dans lequel menace de se perdre son amie accablée. Un capiteux parfum de fin du monde imprègne cette ensorcelante visite guidée des profondeurs de la tristesse.

Il convient, vous aurez compris, de classer ce Climbing Away à paraître fin août dans la riche catégorie des break-up albums. « Ça ne parle pas que de rupture! », insiste pourtant Ariane/Alice. « Il y a quoi quatre, cinq, peut-être six chansons qui portent sur ça? [Elle rigole.] OK, c'est vrai que sur neuf, ça fait beaucoup.»

« C'est juste que c'est difficile pour moi d'entendre l'album comme les autres, poursuit-elle. Il y des chansons qui ont été écrites il y a longtemps, mais qui prennent forcément une certaine couleur à la lumière des nouvelles. Function, par exemple, avait été écrite avant, du point de vue inverse. Il y a trois ans, c'est moi qui avais voulu partir de cette relation-là, c'est moi qui étais dans le dilemme. Comme j'étais restée, le dernier couplet de la version originale proposait une résolution. J'ai refusé de l'enregistrer jusqu'à la dernière minute, parce que ça me faisait trop mal, puis j'ai remanié le texte. »

Contrairement à Balloon Ride, le premier album de chansons d'Ariane Bisson McLernon signé Alice and the Intellects en 2011, Climbing Away ne porte que le nom Alice. « Alice and the Intellects, c'était mon avatar MySpace et je n'en ai jamais été folle », explique-t-elle. 

Pourquoi ne pas tout simplement employer ton nom de baptême dans ce cas? « Parce que je n'aime pas trop qu'on fasse des liens entre ma carrière de musicienne et celle de comédienne. Alice, c'est mon identité musicale, qui me désigne moi, et qui désigne aussi l'équipe que je forme avec mon guitariste Stéphane, mon partner in crime. C'est mélangeant, han? »

Quelque chose de plus mystique

Décembre 2013. Des peaux de lièvre tombent sur Montréal. Ariane Bisson McLernon entre en studio pour six jours en compagnie du réalisateur Étienne Dupuis-Cloutier et de son fidèle guitariste Stéphane Leclerc. Plusieurs musiciens fréquemment visités par la grâce passeront leur prêter main-forte, dont le batteur José Major, le bassiste Mishka Stein ainsi que les claviéristes Martin Lizotte et Christophe Lamarche-Ledoux.

Ils enregistreront à l'ancienne, tous ensemble, plutôt qu'en prises séparées, ce qui deviendra Climbing Away. Alice adhérait ainsi à ce parti pris pour l'énergie d'un moment capté sans qu'on en corrige les aspérités en aval. « On ne cherchait pas la perfection. On était en quête de quelque chose de plus mystique », souligne-t-elle au sujet de ce modus operandi avec lequel renouent récemment plusieurs artistes agacés par la javellisation de la musique qu'engendre la technologie.

Bien que son album ne verra le jour qu'à la fin de l'été, Ariane Bisson McLernon met ces jours-ci en branle la machine à promotion en lançant un premier clip inspiré de la chanson-titre de Climbing Away. Le réalisateur Anh Minh Truong y filme une athlète-artiste du collectif de patinage contemporain Le Patin Libre à l'oeuvre sur la glace dans une chorégraphie plus tributaire de Marie que de Josée Chouinard. 

«You'll always be there in my heart, love you or hate you», entend-on Alice murmurer à la fin de cette ballade en forme de voyage au bout de l'amour. Sa voix distille un mélange d'incurable amertume et de tendresse éperdue. On comprend que le pire est derrière elle.

À retenir

Pré-lancement de Climbing Away

Jeudi 23 avril à 20 h

Théâtre Granada (53, rue Wellington Nord)

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