Olivier Brousseau : se présenter chaque soir

Olivier Brousseau célèbre ses 15 ans de carrière... (IMACOM, Jocelyn Riendeau)

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Olivier Brousseau célèbre ses 15 ans de carrière avec un cinquième album, La ligne du temps.

IMACOM, Jocelyn Riendeau

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Olivier Brousseau célèbre 15 ans de carrière avec La ligne du temps, album traversé par deux désirs : celui d'être à la hauteur de ses aïeuls et celui que l'amour qui le lie à sa douce s'inscrive dans la durée.

Sur la table du bar où nous rencontrons Olivier Brousseau, des photos déterrées de ses archives pas plus tard que ce matin. La première de la pile le montre bras dessus, bras dessous avec un certain Vincent au visage poupin. C'était en 1997, après la finale locale de Cégeps de spectacle. Trente arpents, le groupe du Vallières en question, avait décroché la première place, et Brousseau, accompagné à la guitare par son ami VV, la troisième.

Nous feuilletons ensemble le paquet et tombons sur la marquise du Vieux Clocher de Sherbrooke affichant simplement le mot « Olivier » (le chanteur utilisait au début de sa carrière son prénom comme nom de groupe), puis sur une photo prise au Sommet des Peuples, protestation organisée en marge du Sommet des Amériques de Québec en 2001. Brousseau y avait joué en compagnie de Mononc' Serge, de la Chango Family et de Thomas Jensen, des noms qui à eux seuls rapatrient le souvenir d'odeurs piquantes. Un portrait un peu plus récent montre le Sherbrookois devant le Sun Studio de Memphis, pierre de touche de plusieurs des musiques de racines qui composent aujourd'hui son ADN musical.

Pourquoi ce retour dans le passé? Parce que Olivier Brousseau célébrait en 2014 son 15e anniversaire de carrière (son premier album, Goûter au ciel, date de 1999). Mais parce que le bonhomme a le sens de la fête et de l'occasion dûment soulignée, c'est avec la parution de La ligne du temps, son nouveau et cinquième album, qu'il marquera comme il se doit cet important jalon, qu'atteignent somme toute assez peu d'auteurs-compositeurs, encore moins d'auteurs-compositeurs indépendants comme lui.

« Je ne deviendrai pas un chanteur de charme »

Dresser un bilan suppose de jeter un oeil dans le rétroviseur. Que ce cinquième album d'Olivier Brousseau lance plusieurs coups de chapeau aux patriarches qui lui ont ouvert la voie n'étonnera donc pas tout à fait, surtout quand on connaît son désir de traiter le passé avec tous les égards qu'il mérite. Rappelons que le musicien gratte la guitare et/ou chante au sein du Trio des Cantons, de Musique à bouches et du Bal à l'huile, trois formations trad.

La ligne du temps est d'ailleurs son album solo le plus strictement trad. Exit la guitare électrique, ce sont les banjos, mandolines et autres dobros qui colorent désormais les arrangements. Exit la batterie, ce sont les pieds de son indispensable acolyte Isaël McIntyre qui propulsent des chansons comme Héritage ou Mononc' René, dédiée à son véritable oncle.

« René, qui était jadis dans le groupe Musique à bouches, a contribué au bonheur de tout le monde, raconte Olivier. Tout est vrai dans le texte, au mot près. Je lui ai chanté pour ses 70 ans, il ne croyait pas à ça, qu'il y avait une chanson sur lui. »

Ce qui étonnera davantage : Brousseau ose enfin parler d'amour, après avoir soigneusement évité le sujet chéri de la vaste majorité de ses camarades pendant plus de 15 ans. La chanson-titre et Le grand saut révèlent un gars brûlant du souhait de vieillir auprès de sa bien-aimée.

« Je ne deviendrai pas un chanteur de charme, insiste-t-il. J'ai toujours trouvé ça difficile, les chansons d'amour, parce que la ligne est mince entre être quétaine et être touchant. C'est Le grand saut qui a été le déclic. Mes amis Jean-Francois [Létourneau, qui signe un texte sur l'album] et Élisabeth se sont mariés et comme ce sont des tripeux de musique trad, ils ont fait ça au Festival Mémoire et Racines [grand événement trad], sur le bord de la rivière L'Assomption. Ils m'avaient demandé d'être le célébrant et je leur avais écrit cette chanson-là comme cadeau. Je l'avais préalablement chantée à Stéphanie [Blanchette, blonde de Brousseau et chanteuse de Jaune] et je lui avais tiré une larme, alors je m'étais dit que ça ne devait pas être si pire. »

Un gars d'équipe

La chanson la plus personnelle de La ligne du temps n'a pourtant rien d'une chanson d'amour. Brousseau raconte dans Je voulais jouer au hockey son ambition, contrecarrée par un père poule, de se hisser au rang des Lemieux et Gretzky. Petite revanche sur l'existence (et sur son paternel) : le lancement de La ligne du temps sera suivi de la projection du match qui opposera ce soir-là le Bleu-Blanc-Rouge aux Flyers.

Si tu avais à comparer ton parcours d'auteur-compositeurà celui d'un hockeyeur?

« Je dirais que je suis un joueur qui a duré un certain temps, qui n'est pas nécessairement allé au match des étoiles, mais qui a son importance dans la chambre des joueurs. Un gars d'équipe. »

La dernière pièce de La ligne du temps, Les buveurs voyageurs, réunit d'ailleurs une bonne partie des membres de sa famille musicale rapprochée, en plus de faire retentir le violon de la jeune légende André Brunet (du groupe De temps antan).

Ajoutons, en empruntant au lexique des gérants d'estrade de la télé, qu'Olivier Brousseau est un de ces joueurs qui se présentent chaque soir, et que ça, c'est précieux.

Lancement de La ligne du temps

Ce mardi 10 février, dès 17 heures

Salle du Parvis

987, Du Conseil

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