En studio avec Orange O'clock

Orange O'clock enregistre actuellement une série de nouvelles... (COURTOISIE, ANTHONY SIMONEAU-DUBUC)

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Orange O'clock enregistre actuellement une série de nouvelles chansons dans le but de séduire les radios.

COURTOISIE, ANTHONY SIMONEAU-DUBUC

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Moins d'un an après la parution de Crazy Carnival , Orange O'clock regagne le studio avec deux objectifs en tête : séduire les radios et faire danser les filles.

Dans la pénombre du sous-sol transformé en petit studio du réalisateur Dominique Massicotte, Anthony Simoneau- Dubuc reprend pour une énième fois le motif de guitare qui ornera le couplet de Baby I'm Shakin', une des quatre nouvelles chansons que son groupe, Orange O'clock, astique depuis quelques mois. Une grande concentration colore le regard du rockeur, mais sa dégaine nonchalante jambes croisées, genoux qui font saillie à travers les gros trous de son jeans délavé est celle d'un gars qui fait ça depuis toujours.

Il est 11 heures et des poussières. Anthony et son collègue, le chanteur-claviériste Mickaël Fortin, sont ici depuis l'aurore, ou presque (le cadet du trio, le batteur Raphaël Fortin, fréquente toujours les bancs de la polyvalente). Des rockeurs, oui, mais des rockeurs travaillants. Leur objectif : attirer en 2015 l'attention des éditeurs et des maisons de disques avec des chansons plus percutantes, plus incisives, plus redoutables. « Cet été, Dominique [leur réalisateur] nous a assis et il nous a fait remarquer que ce qui manque à Orange O'clock, c'est un gros hit radio qui touche un large public. »

S'ils ne savent pas encore de quelle manière ils rendront disponibles pour le vaste public ces quatre singles, les trois Sherbrookois savent qu'ils aimeraient séduire les stations de radio, une courroie de transmission toujours cruciale, peu importe les changements nombreux qui transforment depuis quelques années les modes de diffusion de la musique. Courroie de transmission sans laquelle Alex Nevsky ne serait peut-être pas le nouveau prince de la pop québécoise et sans laquelle le groupe Arctic Monkeys n'aurait sans doute pas connu de résurrection en Amérique du Nord avec son album AM, pour ne nommer que deux exemples parmi tant d'autres.

Le facteur cool

La question qui nous brûle les lèvres : pourquoi ne pas miser, pour accomplir cette grande séduction, sur ce que contient Crazy Carnival, votre premier album que vous lanciez devant un Granada très bien rempli il n'y a pas plus longtemps qu'en mai dernier?

« Crazy Carnival, on l'a sorti par nous-mêmes, sans maison de disques, parce qu'il était plus que temps qu'on sorte quelque chose, explique Mickaël. On ne l'a pas botché, loin de là, mais il était juste temps d'avoir quelque chose entre les mains. Cet été, Dominique [leur réalisateur] nous a assis et il nous a fait remarquer que ce qui manque à Orange O'clock, c'est un gros hit radio qui touche un large public. C'est vrai qu'on n'avait jamais poussé pour ça, on a fait l'album en se foutant des radios. C'est lui qui nous a ouvert les yeux, qui nous a dit qu'il faudrait peut-être songer à changer d'approche avec les nouvelles chansons. »

La version de Dominique? « Crazy Carnival, c'était un ramassis de chansons que les gars avaient depuis plusieurs années et certaines faisaient peut-être un peu écolier, se souvient- il. Ça manquait de groove. On travaille présentement sur le facteur cool des tounes. » Le facteur quoi? « Le facteur cool. C'est difficile à définir, mais c'est ce qui fait que lorsque tu entres dans un bar et qu'une chanson au facteur cool élevé joue, tu te sens toi-même plus cool. Tu te sens bien. »

Faire danser les filles

Anthony et Mickaël nous l'avaient confié avec la franchise que confère l'ingestion de deux ou trois verres lorsque nous les avions croisés au Boquébière, quelques semaines avant notre visite en studio. « Ce qu'on veut avec les nouvelles chansons, c'est faire danser les filles », répétaient-ils, l'étincelle dans l'oeil, après un spectacle de Fanny Bloom. L'apprentie guerrière venait elle-même de faire danser filles et garçons au son de Piscine, un des tubes de l'été justement propulsé par les radios FM de la province.

« Disons qu'on veut faire danser le plus de monde possible », précise en ce jeudi matin Anthony, à qui on rappelle l'anecdote.

Ils pourraient y parvenir plus tôt que tard, grâce aux quatre chansons entendues lors de notre passage, des refrains qui révèlent un groupe considérablement moins éparpillé que sur Crazy Carnival, bien que plus perméables à des influences auxquelles Orange O'clockrefusaient jusqu'ici de se frotter.

« J'ai toujours craché sur la pop et le hip-hop, sans en écouter, avoue Anthony. Moi, j'écoutais du rock, juste du rock. C'est Dom qui m'a ouvert les yeux. Lui, il écoute du Lana Del Rey, du Lorde, du Taylor Swift, pour analyser les tounes. Depuis six mois, je n'écoute plus un genre musical en particulier en fait, j'écoute de la musique, point. Si c'est bon, je vais l'écouter. Quand la toune de Taylor Swift passe à la radio, je suis content. On a compris que ce n'était pas quétaine, faire de la pop. »

Leçon tirée par Mickaël de cet examen des palmarès : « C'est beaucoup plus dur de faire une toune de 3 minutes et demie qui va rester dans la tête des gens qu'une toune de six minutes qui part dans tous les sens. »

Les nouvelles chansons du trio révèlent aussi un Mickaël aux inflexions considérablement plus charnelles qu'auparavant, pleines de l'autorité du gars qui a confiance en ses moyens. Vous devriez l'entendre parler- chanter dans les couplets de Can't Fight the Feeling, un rythme dance-punk à la LCD Soundsystem (avec une balaise ligne de basse jouée par François-Simon Déziel de Misteur Valaire). Vous devriez l'entendre susurrer de sa voix de chambre à coucher dans Wax 'n' Wane, un gros groove lent et menaçant (avec, en prime, un solo de talkbox bien fromagé).

Ce n'est pas quétaine, faire de la pop, disait Anthony. Nous ne pourrions être plus d'accord. Ce n'est pas quétaine, non, tant et aussi longtemps que notre coeur demeure toujours celui d'un rockeur. « Je lisais récemment une entrevue avec Jack White, raconte-t-il, et l'intervieweuse lui demandait : "C'est quoi ta définition du rock?" Le rock, qu'il a répondu, c'est de l'attitude. Il faut que tes tounes aient de l'attitude, il faut que tu aies de l'attitude. » À ce compte-là, Jack White n'est sans doute pas trop inquiet pour Orange O'clock.

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