Marie Michèle Desrosiers

La plus en voix des mères Noël

Marie Michèle Desrosiers présente son concert de Noël... (Archives, La Presse)

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Marie Michèle Desrosiers présente son concert de Noël dimanche au Granada avec le Choeur Florilège.

Archives, La Presse

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Elle était jusque-là « la fille de Beau Dommage »; elle est aussi depuis 1996 la plus en voix des mères Noël du Québec. Son nom est pour toujours synonyme de temps des Fêtes : Marie Michèle Desrosiers.

Nous sommes en 1995. Marie Michèle Desrosiers assiste en compagnie du patron de l'importante maison de disques Audiogram aux séances de mixage de l'album live de Beau Dommage que la mythique formation s'apprêtait à tirer de sa triomphale tournée de retour. « Michel se retourne vers moi à un certain moment et il me dit : "Nous, chez Audiogram, on n'a jamais fait de disque de Noël, et ce serait bien de trouver une voix pour qu'on en lance enfin un." Puis, il a ajouté : "En fait, je l'ai trouvée, la voix, c'est la tienne. Ça te tente-tu?" »

Bien sûr que ça lui tentait! Mais pas de là à se douter que son nom deviendrait pour toujours synonyme de Noël. Il faut dire que malgré le succès de ses albums solo, il était difficile de croire qu'une étiquette collerait un jour aussi fort aux cheveux frisés de Marie Michèle Desrosiers que celle de « fille de Beau Dommage » avec laquelle elle composait, pour le meilleur et pour le pire, depuis vingt ans ans. « Maintenant, je suis la mère Noël slash la fille de Beau Dommage », lance-t-elle avant d'éclater de rire.

La grande interprète traversera donc en 1996 l'océan pour enregistrer avec l'Orchestre symphonique de Prague Marie Michèle Desrosiers chante les classiques de Noël, sur des arrangements signés André Gagnon (qui avait inauguré en 1992 la mode des « albums de Noël grand luxe » avec son somptueux disque tout simplement intitulé Noël).

Un deuxième album suivra en 2002 (Marie Michèle Desrosiers chante Noël avec le Choeur de l'Armée Rouge) et scellera pour toujours l'horaire de la chanteuse, qui chaque décembre reprend la route pour interpréter Mon beau sapin partout au Québec. Et souvent avec des chorales locales, à part de ça, comme ce sera le cas au Granada, scène sur laquelle l'accompagnera le Choeur Florilège.

Vous n'avez pas hésité deux secondes avant de dire oui à Michel Bélanger? Vous savez, des albums de Noël, ça peut rapidement devenir barbant, ringard, hérissant. « Moi, j'ai toujours beaucoup aimé les chansons de Noël, qu'elles soient païennes, religieuses, anciennes ou contemporaines. Mais je comprends qu'il y a des gens qui n'aiment pas la période de Noël et qui n'aiment pas la musique de Noël, parce qu'il y a, oui, des facettes de Noël qui peuvent être hérissantes, comme la consommation, l'obligation d'aller à des partys de famille, l'obligation d'être joyeux. Je comprends que ça peut être difficile pour ceux qui sont seuls. »

Ce que Marie Michèle Desrosiers ne dit pas, et qui explique sans doute le succès de ses deux albums de Noël, c'est que ses interprétations à elle ne commandent pas péremptoirement d'avoir un sourire au visage. Il y a de la place pour la mélancolie dans son Noël à elle, même chose chez les artistes qui ont chanté les Fêtes qu'elle admire : James Taylor (« Mon idole! »), Ella Fitzgerald ou Claire Pelletier.

Rebrancher sa table tournante

Oui, il y aura sans doute beaucoup de jeux vidéo et de iPad sous les sapins le 24 décembre au soir. Il y aura sans doute aussi plusieurs exemplaires de ce coffret de vinyles de Beau Dommage qui vient tout juste d'arriver en magasins. Un objet que plusieurs fans attendaient depuis longtemps et qui contient les quatre premiers albums originaux du groupe, deux disques live au Forum (parus d'abord en 1984 et 1985) ainsi que l'album retour de 1994.

Vous avez votre exemplaire en main, vous, Madame Desrosiers? « Non, pas encore. De toute façon, j'ai pas fait rebrancher ma table tournante, dont l'aiguille est brisée. »

Voilà en tout cas une occasion rêvée pour les mélomanes de redécouvrir comment la Marie Michèle de l'époque est en quelque sorte la mère spirituelle de toutes ces jeunes Lisa LeBlanc et de toutes ces Hay Babies qui, aujourd'hui, n'hésitent pas à chanter le désir au féminin. Il faut réécouter des bijoux de franchise comme Amène pas ta gang et J'ai oublié le jour (sur l'album Où est passé la noce?) pour se rappeler à quel point la fille de Beau Dommage avait du chien et ne s'esquivait pas quand venait le temps de dire à un gars de se déniaiser.

Vous aviez à l'époque l'impression de jouer d'audace? « Ça m'étonne moi-même en y repensant, parce qu'il faut dire qu'on était quand même juste en 1975, mais non, on n'avait pas cette impression-là. On ne se posait pas la question. C'était juste des belles chansons qu'avait écrites Robert Léger pour une fille moderne, pas compliquée, simple et vraie. »

Pas compliqué, simple et vrai : des adjectifs qui décrivent aussi bien la femme que le Noël idéal.À retenir

Marie Michèle Desrosiers et le Choeur Florilège

Dimanche 14 décembre à 16 h

Théâtre Granada

(53, Wellington Nord)

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