Sympathie pour Le (Rêve du) Diable

Claude Morin et Gervais Lessard forment aujourd'hui Le... (Courtoisie)

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Claude Morin et Gervais Lessard forment aujourd'hui Le Rêve du Diable. Ils seront de passage au bar Le Magog ce vendredi 12 décembre.

Courtoisie

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Le Rêve du Diable conclut les festivités marquant son 40e anniversaire à l'occasion d'un de ses rares passages à Sherbrooke. Retour sur l'histoire d'un groupe qui a plus que quiconque brassé la cage au trad québécois.

On mesure mal à quel point Le Rêve du Diable est un groupe important pour la musique traditionnelle québécoise. Saviez-vous que sans Le Rêve du Diable, les membres de La Bottine souriante n'auraient peut-être jamais eu l'idée de se munir de violons et d'accordéons?

« On jouait à Saint-Jean-de-Matha et deux ou trois gars de la première Bottine - Yves Lambert, Mario Forest, André Marchand - étaient venus nous voir », raconte un peu à reculons le leader du Rêve, Gervais Lessard (le monsieur n'aime pas avoir l'air d'un vantard). « Ils s'appelaient déjà La Bottine, mais ils faisaient ce qu'on appelait du chansonnier, et quand ils ont entendu nos chansons à répondre, quand ils nous ont vus taper du pied, ils ont comme cliqué, ça leur a donné l'idée de changer de répertoire. »

Fondé à Lévis en 1974 par Lessard et Claude Méthé, Le Rêve du Diable ouvrira la voie grâce son premier album homonyme lancé en 1976 (celui avec Dondaine la ridaine et Les voyageurs de la Gatineau dessus) à une autre manière, plus festive et moins révérencieuse, d'envisager la musique folklorique. Un nouveau public de jeunes boomers portés par la vague nationaliste redécouvrirait bientôt ce répertoire sur lequel une bonne partie du Québec jetait jusque-là un regard dédaigneux.

« On était considérés comme des rebelles », se souvient le seul membre original à toujours faire partie de la formation (qui est aujourd'hui un duo). « Il y a bien des gens qui nous critiquaient de façon très négative, qui n'aimaient pas notre approche. Nous, on jouait dans des bars plutôt que dans des salles paroissiales, pour du monde qui sautait sur place. Ces gens-là faisaient le party et buvaient, ils ne dansaient pas des belles danses organisées. On n'a jamais été invité à l'émission Soirée canadienne, par exemple, qui recevait surtout des groupes plus âgés. Ces groupes-là étaient costumés, ils se mettaient des chemises carreautées, des ceintures fléchées. C'était ça, la musique folklorique, avant. Moi, les costumes traditionnels, je n'ai jamais été trop fort là-dessus. »

Et si nous vous disions Monsieur Lessard qu'à nos yeux (et nos oreilles), Le Rêve du Diable, c'est un peu les Rolling Stones du trad québécois? « J'ai déjà entendu ça assez souvent et je suis pas mal d'accord. J'ai toujours eu l'impression qu'on faisait du folklore avec un esprit rock. Quand j'ai découvert la musique traditionnelle québécoise, je me suis rendu compte que ça accotait n'importe quelle toune de rock. Mettons que dans nos premières années, on se défonçait sur scène. Quand on avait fini un show, on était tout le temps tout trempe. »

Des arrangements équarris à la hache

Si nous tenons tant à comparer Le Rêve du Diable aux Rolling Stones, c'est d'abord pour la soufflante longévité qu'ils revendiquent tous les deux (40 ans pour le groupe de Lévis, plus de 50 pour celui de Londres). C'est aussi, évidemment, en raison de cette fascination pour Lucifer et pour les désinhibiteurs qu'ils partagent (il y a presque plus de chansons à boire que de chansons portant sur tout autre sujet dans le répertoire du Rêve). Mais si nous tenons tant à comparer la bande de Mick et celle de Gervais, c'est surtout pour cette rugosité, pour cette façon de mordre sans flafla dans une chanson qu'ils ont en commun. « Des arrangements équarris à la hache », blague Monsieur Lessard.

Vous n'avez jamais été tentés de flirter avec le jazz et la musique classique à l'instar de La Bottine souriante? « Pas vraiment. C'est stressant des arrangements compliqués. Ça met les musiciens sur le nerf, changer trois fois de ton dans la même toune. Nous, on est associés au party. Nos arrangements nous permettent d'être à l'aise, d'être relax. J'ai toujours essayé de transposer sur scène l'esprit d'un party de cuisine. »

Éviter le stress : c'est la principale raison pour laquelle Le Rêve du Diable ne dresse jamais de liste de chansons avant de débuter un spectacle, exercice auquel se livre la majorité des groupes. Gervais Lessard sait bien sûr qu'il entend faire découvrir lors de son passage au bar Le Magog trois ou quatre des refrains nouveaux que contient Avec tambour et trompette, huitième album du groupe paru l'an dernier. Mais pour le reste? On verra dans le temps comme dans le temps.

« Les gens qui jouent de la musique dans un party, ils n'ont pas de liste. Ils arrivent avec leurs violons et ils y vont selon l'ambiance du moment », explique le chanteur de 67 ans, qui montera sur scène en compagnie de son fidèle acolyte Claude « Le Clin » Morin et de deux musiciens invités.

Est-ce à dire que vous vous plierez aux demandes spéciales hurlées par la foule? « On s'essaie pas mal tout le temps quand il y en a, même si c'est une toune qu'on n'a pas jouée depuis longtemps. Comme on est les Rolling Stones du folklore, ce n'est pas grave si c'est croche un peu. »

À retenir

Le Rêve du Diable

Vendredi 12 décembre à 21 h

Bar Le Magog

(244, rue Dufferin)

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