Cowboy Mo: le plus carpe diem des chanteurs country

Michel Ouellet devient Cowboy Mo lorsqu'il enfile son... (IMACOM, JESSICA GARNEAU)

Agrandir

Michel Ouellet devient Cowboy Mo lorsqu'il enfile son chapeau.

IMACOM, JESSICA GARNEAU

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Michel Ouellet enfile son chapeau et se métamorphose en Cowboy Mo, le plus carpe diem des chanteurs country. Il faut profiter du cadeau qu'est la vie, plaide-t-il sur son premier album, Rendu en haut tu r'viendras pas.

Ils ont été plusieurs à tomber en bas de leur cheval en apprenant que Michel Ouellet s'était mis au country, qu'il montait sur scène non plus derrière ses tambours, mais avec une guitare, sous le pseudo Cowboy Mo. LE Michel Ouellet? Celui qui fabrique depuis 26 ans, dans son atelier de Saint-Adrien-de-Ham, les meilleurs djembés et congas au Québec sous l'enseigne de la prestigieuse marque Moperc? LE Michel Ouellet? Le plus caribéen des percussionnistes estriens, celui-là même qui a fondé le meilleur orchestre de musique afro-cubaine en région, Habana Café? On parle bien du même Michel Ouellet?

« J'ai atteint une espèce de clarté, de regard nouveau sur la vie, sur la possibilité d'en jouir. »

« J'ai joué pendant un bout de la basse avec un chanteur country de Danville, Charles Lemay, et j'aimais ça au boutte, mais quand ça s'est terminé, je me suis dit : "Je vais rester à la maison, je vais en profiter pour rien faire", se rappelle-t-il. J'avais aussi beaucoup fait de spectacles avec Habana Café et je venais de quitter, pour me reposer. Première affaire que je sais, j'ai une guitare entre les mains. Je ne jouais pas vraiment de guitare avant. Les premières chansons me sont venues avec les trois accords que je connaissais, les trois premiers que j'ai appris. J'ai écrit une ou deux tounes avec ces accords-là, puis j'ai appris un autre accord et j'ai écrit deux ou trois autres tounes. J'avais ben des affaires à raconter. »

Des affaires comme quoi? Des belles affaires comme Le soleil c'est la fête, guillerette ode aux grandes journées de farniente que le cowboy coule tranquille chez lui à la campagne. Des belles affaires comme T'auras beau pédaler, avertissement adressé à tous ceux pour qui le temps, c'est d'abord et avant tout de l'argent. Des belles affaires comme Dans mon Dodge Journey, observations d'un gars pour qui il n'existe pas plus doux plaisir que de sillonner les routes de garnotte au volant de sa camionnette. Rendu en haut tu r'viendras pas, c'est le titre à la fois lucide et provocant de son très carpe diem premier album paru en mars dernier.

« Ce disque-là a été fait dans une urgence de vivre, explique l'homme au chapeau. J'ai pogné la cinquantaine et je me suis dit : "Faudrait ben que j'en profite pour faire ce que j'ai le goût de faire." »

Tu ne faisais pas déjà ce que tu avais le goût de faire? « Oui, mais là, en pognant 50 ans, je suis vraiment entré dans une grande vibe d'amour qui m'a ouvert le coeur. J'ai atteint une espèce de clarté, de regard nouveau sur la vie, sur la possibilité d'en jouir, dans le bon sens. On est dans un brouhaha incroyable, han, tout le monde le dit, mais on ne s'arrête pas assez pour se rappeler que ce monde de consommation où il faut toujours gagner le plus d'argent possible et dépenser le plus possible, c'est un monde parallèle. Est-ce que c'est ça notre mission sur Terre de consommer et de payer nos comptes? » demande-t-il sur un ton qui laisse entendre qu'il a une bonne idée de la réponse.

Entre Desjardins et Cayouche

Ça bouillonne ces jours-ci à Saint-Adrien-de-Ham, village vers lequel bien des urbains décampent. Des lieux comme La Meunerie, un espace culturel accueillant de grands noms de la chanson québécoise, ou le Studio Le Nid, où se réfugient de plus en plus d'artistes comme Fanny Bloom ou Dead Obies pour enregistrer leur album à distance des sollicitations de la ville, bourgeonnent et vivifient la vie culturelle de cette petite communauté tissée serrée. Michel Ouellet compte parmi les premiers à avoir entrevu dans cet oiseau rare de beau village le creuset de musique qu'il deviendrait, en fondant en 1988 Moperc. Ses tambours, qu'ont adoptés plusieurs importants musiciens, agissent aujourd'hui comme ambassadeurs mondiaux de ce lumineux bout d'Appalaches. Comment, au fait, as-tu abouti là-bas?

« C'était ma troisième tentative de m'installer à la campagne! J'ai grandi à Cap-de-la-Madeleine pas loin du bois, je jouais aux cowboys et aux Indiens dans la forêt quand j'étais jeune, puis j'ai passé onze ans à Montréal. Ma grande fille avait une amie qui était déménagée à Saint-Adrien, on était venu lui rendre visite. Son père avait dit : "Si vous voulez coucher ici, apportez votre tente." Deux jours après, j'avais acheté la maison. »

« Les paysages de mes Cantons/Mon beau village et son clocher/Les petites mésanges sur mon balcon/J'ai mille et une bonnes raisons pour chanter », assure dans la pièce Ma ruralité celui qu'on a comparé à Richard Desjardins et à Cayouche. Un amour dont on comprend l'intensité quand Michel décrit le paysage qui se déploie devant lui quand il s'assoit dehors pour gratouiller sa guitare. « Ma maison est sur le haut d'une petite butte. J'ai trois rangées de montagnes devant moi. La première est claire, la deuxième est un peu embrouillée, et la troisième, on dirait qu'elle est dessinée. »

***

Cowboy Mo et ses fiers à bras en spectacle ce samedi 6 décembre à 19 heures au Centre culturel de l'arrondissement de Jacques-Cartiers (2050-B, de Portland)

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer