La chanson d'amour comme un antidote à l'insécurité

Adam Cohen viendra chanter l'amour dans toutes ses... (Archives La Nouvelle)

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Adam Cohen viendra chanter l'amour dans toutes ses déclinaisons, au Centre culturel de l'Université de Sherbrooke, le 25 novembre.

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Sur son plus récent album, We Go Home, Adam Cohen chante l'amour auquel on revient comme on rentre à la maison. Amour filial, oui, mais aussi amour tout court. Entrevue amour, donc, avec le plus dandy des pères de famille, en prévision de son passage à Sherbrooke.

On a beaucoup dit à la sortie de We Go Home en septembre qu'Adam Cohen signait un album sur l'amour filial. Tout pointait vers cette lecture, de ce lumineux portrait du petit Cassius, le fils d'Adam, qui orne l'album, à la photo d'un jeune Adam enduisant de gouache la souriante et mythique gueule de son père, un certain Leonard, que l'on découvre en retournant le boîtier de plastique. Puis Adam Cohen ne s'est pas fait prier pour recevoir les journalistes dans la cour arrière de la résidence familiale montréalaise, rue Vallières, et pour raconter comment il avait enregistré une bonne partie de cet album succédant au marquant Like a Man dans cette maison où il avait grandi.

Mais quelques mois plus tard, avec la perspective que procure le temps qui passe, il faut bien se rendre à l'évidence : We Go Home contient un imposant nombre de pures chansons d'amour romantique. Et c'est peut-être en ce sens qu'il s'agit d'un album d'amour filial, personne n'ayant mieux décrit les vertiges de l'amour avec un grand A que le patriarche Cohen.

Song of Me and You, la pièce à la fois solennelle et légère qui ouvre l'album, plante d'emblée le décor; il sera question sur We Go Home de cet amour que l'on souhaite voir et faire grandir. Adam Cohen y adopte le point de vue d'une femme qui lui réclame une chanson en lui indiquant précisément la marche à suivre, comme on lit une recette dans un livre de cuisine. «Get your guitar and bring it back to bed», lui ordonne-t-elle, va chercher ta guitare et rapporte-la au lit. «No metaphors, don't be too witty», précise-t-elle, pas de métaphore, ne fais pas ton fin finaud. «Je suis très reconnaissant envers la personne qui m'a demandé d'écrire cette chanson», laisse tomber Cohen, que l'on joint à Winnipeg au beau milieu de sa tournée canadienne, en parlant de la «mère de son fils».

Mais vous ne sentez pas parfois le poids de toutes les chansons d'amour écrites à ce jour peser sur vos épaules quand vous agrippez la guitare? «Non, c'est comme demander à quelqu'un si c'est chiant de manger trois fois par jour, assure-t-il. C'est une évidence qu'on voudra toujours des chansons d'amour. On a soif et faim pour des chansons d'amour.»

«Je pense en fait que la vraie façon dont les gens vivent l'amour aujourd'hui est beaucoup plus délicate qu'une chanson d'amour, précise-t-il. Il y a beaucoup plus d'insécurité dans notre façon de vivre l'amour. Est-ce que je l'aime? Est-ce qu'elle m'aime? Est-ce qu'elle me trompe? Est-ce que j'ai le goût de la tromper? Est-ce que nos parcours vont aller ensemble à long terme, à court terme? On se sent souvent en amour comme une algue détachée de la roche, alors qu'une chanson d'amour, c'est une position fixe, ça dure trois minutes, c'est plus clair. C'est terra firma. C'est aussi ça qui séduit dans la chanson d'amour. Une chanson d'amour, c'est l'antidote à notre insécurité.»

Lui nu, elle habillée

Ce qu'Adam Cohen ne dit pas, c'est que c'est précisément ce que ses chansons d'amour à lui tentent d'accomplir, attraper cette algue détachée de la roche. Chansons puisettes, si vous voulez. Song of Me and You, dont on vous parlait à l'instant, dessine en creux les contours de la chanson d'amour idéale aux yeux de Cohen, une chanson qui embrasserait large en même temps qu'elle insufflerait du sens aux petits riens du quotidien. «Maybe talk about the bed being too narrow, or time shooting by just like an arrow», lui propose la femme qui y prend la parole. Tu pourrais peut-être parler du lit qui est trop étroit, ou du temps qui passe comme une flèche.

«C'est difficile écrire une chanson à la fois simple et vraie», insiste Cohen en évoquant cette fois-ci Swear I Was There, monologue d'un amant esseulé que le chuintement de la champlure qui fuit ramène à l'absence de celle qui ne s'est pas présentée au rendez-vous tel que convenu. «Une chanson braque une lumière sur un moment, sur un sentiment. On veut que la chanson témoigne d'une certaine banalité, la banalité de la vie, mais en même temps qu'elle soit dramatique, qu'elle vaille la peine qu'on l'encadre et qu'on l'accroche au mur, si vous voulez.»

«I'm here naked and you're fully clothed», je suis nu et tu es complètement habillée, souffle Adam Cohen de sa voix de chambre à coucher dans Too Real, chanson de l'amour qui fout la trouille tant il désarme complètement. Ça vous arrive, vous, de vous sentir vulnérable en amour, malgré cette belle gueule dont vous a gratifié le bon Dieu des belles gueules?

«Bien sûr, je pense que c'est l'objectif. On veut se sentir vulnérable et on veut goûter à la vulnérabilité de l'autre. On veut être la solution à la solitude et à la tristesse de quelqu'un d'autre. On veut aussi que quelqu'un réussisse à fournir la solution à notre tristesse et à notre solitude.»

Petite consolation pour tous les exclus de l'amour: ils pourront apaiser leur tristesse et leur solitude auprès d'Adam Cohen, pour un soir seulement.

À retenir

Adam Cohen

Mardi 25 novembre, 20h

Centre culturel de l'Université de Sherbrooke

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