Coco Méliès: le phare en soi

Vainqueur de l'édition 2013 de Sherbrooklyn, Coco Méliès... (Courtoisie, Valérie Paquette)

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Vainqueur de l'édition 2013 de Sherbrooklyn, Coco Méliès lance un premier album, Lighthouse.

Courtoisie, Valérie Paquette

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Après avoir longuement navigué sans sextant, ni mappemonde, Coco Méliès rentre enfin à bon port grâce à Lighthouse. Francesca Como, moitié féminine du duo vainqueur de l'édition 2013 de Sherbrooklyn, explique comment une rencontre peut allumer un phare en soi.

Lightouse, premier album du duo Coco Méliès, pourrait presque être confondu avec un manuel de navigation tant les références maritimes y abondent. Déjà ce titre, Lighthouse (phare), cette «maison de lumière» qui désigne aux navires les écueils auxquels ils pourraient se heurter, jette les bases de la métaphore qu'emploie Francesa Como pour raconter la genèse du groupe.C'était il y a six ou sept ans, dans un bar pourri de Ville-Émard à Montréal, où la chanteuse se pointait avec sa guitare dans l'intention de participer à un micro ouvert. David Méliès, qui officiait alors comme sonorisateur, entendra ce soir-là la voix féminine qu'il cherchait en vain depuis des mois, la voix à la fois impétueuse et fragile qui manquait au premier album solo qu'il préparait (et qu'il a depuis abandonné).

Les deux complices monteront rapidement, quelques semaines plus tard, sur scène ensemble. «C'était de la magie», se rappelle Francesca. Ils venaient tous les deux d'allumer dans le coeur de créateur de leur nouveau partenaire ce phare qui, en eux, était depuis trop longtemps demeuré éteint.

Les deux nouveaux amis entendaient pourtant bientôt reprendre le large, David vers ce Paris où il avait séjourné et où il ambitionnait de s'établir, Francesca vers ce Vancouver qui lui avait enseigné que la musique n'était pas que sourire Pepsodent et perfection.

«Depuis que je suis toute jeune, confie celle qui a vécu à Sherbrooke jusqu'à l'âge de 17 ans, j'ai fait beaucoup des cours de danse, j'ai été petite mannequin, j'ai fait des infopubs. C'est juste le paraître qui était super important. C'est ce qu'on m'avait appris : performe et ça va bien aller.» Une première expérience au sein de la distribution d'une revue musicale présentée au Casino de Montréal l'avait laissée amère. «C'était loin de moi de me déguiser, de danser et de chanter en même temps. À un moment donné, mon père a bien vu que ça allait pas et il m'a dit: "Savais-tu que tu as une cousine à Vancouver?" Je suis partie.»

C'est ironiquement en frayant avec la tonitruante scène punk de Vancouver que cette douce voix apaisante, désormais beaucoup à l'aise dans le chuchotement que dans le cri, se dépouillera de ses vieux réflexes. «C'est là que j'ai ouvert les yeux par rapport à ce que ça peut être la musique, que j'ai réalisé que la musique, ça ne doit pas être tout le temps beau, que ça pouvait être laid, tant que c'était vrai.»

Ancrer l'un à l'autre

Six ou sept ans se sont écoulés depuis cette première rencontre. «On ne se souvient plus trop», plaide Francesca. Un rendez-vous imprévu qui les ancrerait l'un à l'autre, et qui les ancrerait à Montréal. «On a remis, puis remis, puis remis nos plans de repartir à Vancouver et à Paris, jusqu'à ne plus y penser.»

Mais six ou sept ans, c'est quand même un peu long - non? - comme période de gestation d'un premier album, à l'heure où les groupes se forment un soir puis rendent disponibles leurs chansons sur Internet le lendemain. C'est que les premières tentatives d'enregistrement du duo s'étaient transformées en longues séances de valses-hésitations, de tâtonnements et de léthargiques doutes.

«On ne savait plus trop où on s'en allait. Notre gérant nous a demandé: "Qu'est-ce que ça vous prendrait? Nommez-moi votre top 3 des réalisateurs avec qui vous aimeriez travailler." On n'avait pas de top 3, on voulait juste travailler avec Robbie Kuster.» LE Robbie Kuster, batteur de Patrick Watson, musicien archi-sollicité, qui trouvera miraculeusement du temps dans son horaire de Premier ministre pour prendre la barre de ce qui deviendrait Lighthouse.

Le percussionniste-orfèvre réunira autour de Francesca et David des pointures comme François Lafontaine (Karkwa), Pietro Amato (The Luyas, Arcade Fire) et Mathieu Pontbriand (Pawa Up First), une équipe toutes étoiles qui confère à Lighthouse un son forcément beaucoup plus riche que celui des nombreuses performances acoustiques que le duo a multipliées depuis son triomphe sur la scène de l'événement Sherbrooklyn en 2013. Parlons désormais d'une pop-folk-orchestrale, qui endimanche la délicatesse des voix de Como et de Méliès dans des soyeux habits de cordes et de piano.

Lightouse oscille entre deux pôles, celui plus sombre d'une tortueuses plongée dans les méandres de la quête de soi comme Someway, et celui plus guilleret d'un refrain tout en onomatopées comme Home, tube en devenir à classer aux côtés des récents succès des Lumineers et de Mumford & Sons.

Home, maison. Parce que c'est un peu là où Francesca et David sont entrés, à la maison, en se croisant dans un bar pourri de Ville-Émard. «Certaines rencontres font que tout s'éclaircit, laisse tomber la chanteuse. On s'est rendus compte que ce qu'on cherchait ailleurs se trouvait ici.»

À retenir

Lancement de Lighthouse

Jeudi 9 octobre à 21h

La Petite Boîte Noire (53, rue Wellington Sud)

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