Flávia Nascimento: sous la bonne étoile

La Néo-Sherbrookoise Flávia Nascimento s'offre le Théâtre Granada... (IMACOM, JESSICA GARNEAU)

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La Néo-Sherbrookoise Flávia Nascimento s'offre le Théâtre Granada pour souligner la parution de son premier mini-album.

IMACOM, JESSICA GARNEAU

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La Brésilienne d'origine Flávia Nascimento inaugure sa nouvelle vie sherbrookoise avec un joli mini-album d'une lumineuse mélancolie. Rencontre avec celle qui chante de la suave voix de l'amoureuse et embrasse la vie de son pétillant regard de clown.

«Moi aussi, j'ai rêvé d'une autre vie», chante Flávia Nascimento dans un des couplets de La bonne étoile, adaptation française d'une pièce de Sérgio Pererê intitulé Estrela Natal. Et c'est au son de cette jolie mélodie lumineusement mélancolique, chantée par la maman d'une amie, que la musicienne brésilienne disait il y a une douzaine d'années «Oui, je le veux» à une nouvelle vie en même temps qu'à son nouveau mari, un Sherbrookois d'origine.«On s'est mariés en clowns!» s'esclaffe-t-elle de son rire étincelant. Quoi, en clowns? «Oui, oui, en clowns.» Au début du millénaire, son Sherbrookois de futur mari atterrissait au Brésil en clownesque émissaire du programme Cirque du monde. Atterrissait dans le même bidonville où Flávia, diplômée en théâtre social, travaillait déjà dans son propre costume de clown à éclaircir l'abject quotidien des enfants de la misère. Le clown québécois et la clown brésilienne se tomberaient rapidement dans l'oeil.

Mais un mariage de clowns, vraiment? «Oui, je te le dis! Moi, j'ai toujours été croyante, mais l'institution catholique m'a fait vivre beaucoup de déceptions. Je ne voulais pas me marier dans une église. Alors nous avons décidé de demander à un ami d'officier le mariage en clown et nous avons, mon mari Fabrice et moi, enfilés nos costumes de clowns. Le seul problème, c'est que c'était vraiment difficile de s'embrasser avec nos nez.» Ils auraient amplement le temps de se bécotter dans l'avion à bord duquel Flávia raccompagnerait son Fabrice chez lui, dans ce pays du nord de l'Amérique qui deviendrait aussi bientôt le sien.

Tam ti delam!

Il y a beaucoup de cette manière de transformer un événement solennel, comme un mariage, en grande rigolade, d'alléger ce qui pourrait sinon peser lourd, sur le récent mini-album homonyme de Flávia Nascimento. La chanson Aux amours des filles (adaptation française de Xota das Meninas) raconte par exemple l'histoire d'un père qui traîne de force sa fille chez le médecin, dans l'espoir qu'il puisse la guérir de sa maladie d'amour, un texte à la fois tragique et ludique.

Il y a une douce indolence qui affleure à la surface de ces quatre pièces, les premières à paraître sous le nom de la chanteuse (elle a joué au sein de nombreux collectifs à Québec, là où elle vivait avant de déménager à Sherbrooke avec son mari et ses trois enfants il y a un mois). Français et portugais s'entrelacent sur ces quatre pièces enregistrées à João Pessoa au Brésil, pendant que la voix suave de Flávia se love contre le précieux écrin de guitare, d'accordéon et de petites percussions que lui a brodé le réalisateur Betinho Muniz.

Les rythmes chaloupés ensoleillent des mélodies alanguies, semblables à celles que chantait Flávia toute petite avec son musicien de père, qui trimballait sa guitare - et sa fille - de café en bar. «Le plus fou, c'est que je chantais avec lui des chansons d'adultes, qui parlaient d'amour et de réconciliation, comme Coraçao de estudante. J'avais seulement six ans! Mes tantes me trouvaient mignonne.»

Et qu'est-ce qu'ont à s'apprendre la musique québécoise et la musique brésilienne, que Flávia dit vouloir conjuguer? «Je ne sais pas si elles ont quelque chose à s'apprendre, elles se connaissent déjà», lance-t-elle. Le premier spectacle qu'elle a vu après son arrivée au Québec? La Bottine Souriante! «Je pensais que vous étiez tous comme ça tout le temps. Après, je voulais swinguer avec tout le monde! Il m'arrive parfois en spectacle de pousser un petit tam ti delam, et ça fonctionne bien.»

Parce que le goût pour la démesure est inscrit dans l'ADN du clown, Flávia et son groupe de musiciens brésiliens et québécois s'offrent pour célébrer la parution de son mini-album le grand Granada, théâtre aux sièges nombreux que même des légendes de la chanson québécoise peinent parfois à garnir. Une idée de son mari, dit-elle. Le concert ne serait qu'à moitié aussi l'fun que leur noces qu'il s'agirait déjà d'une des plus amusantes soirées de l'automne.

À retenir

Flávia Nascimento

Samedi 11 octobre à 20 h

Théâtre Granada (53, rue Wellington Nord)

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