Les grands esprits se rencontrent

Éric Graillon, Petronella Van Dijk , Marie-Claude Bibeau,... (Imacom Jocelyn Riendeau)

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Éric Graillon, Petronella Van Dijk , Marie-Claude Bibeau, Nancy Robert, Ann-Janick Lépine, René Girard, Michel Harnois et Yves Masson font partie du comité de suivi de la toute première Politique du patrimoine culturel de la Ville de Sherbrooke.

Imacom Jocelyn Riendeau

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Dans l'élaboration de sa toute première Politique du patrimoine culturel, la Ville de Sherbrooke a pu compter sur la précieuse collaboration d'un comité de suivi, composé d'acteurs des milieux culturel et politique. La Nouvelle a rencontré quelques uns de ses membres en table ronde afin d'en savoir plus sur leurs travaux et leur vision en matière de patrimoine culturel.

«La première étape consistait à définir l'état de la situation, ce qui a donné lieu à une première consultation publique; et le mandat de rédiger un document a été confié à la Société d'histoire: Synthèse historique de l'occupation du territoire actuel de la Ville de Sherbrooke, et recensement des éléments patrimoniaux. Ça nous a donné une somme d'informations très pertinentes pour lancer tout le processus d'élaboration du projet de politique», explique Yves Masson, chef de la division de la culture à la Ville.

Le directeur de la Société d'Histoire, Michel Harnois, met d'ailleurs en lumière la nécessité de documenter notre patrimoine pour mieux le préserver. «Il y a d'abord un exercice à faire pour mieux connaître tout ce qui est patrimonial, un exercice d'inventaire mais aussi de connaissance. C'est quoi le patrimoine immatériel, mobilier, immobilier? Il faut bien le définir et le cerner pour mieux le protéger par la suite.»

Si les divers lieux de préservation et de mise en valeur de la culture travaillent souvent en collaboration, il est à souhaiter, selon Yves Masson, que la Politique du patrimoine culturel les amènera à travailler en synergie. «Il y a un partage de savoirs et de ressources qui renforce chaque partie. Plus les parties sont fortes, et plus le tout est intéressant!»

Convaincre la population du bien fondé des investissements

Malgré l'augmentation substantielle des montants alloués par le Gouvernement au Fonds du patrimoine québécois, les sources de financement pour mettre en oeuvre cette nouvelle politique devront parvenir de sources diverses, dont le pallier municipal. Ann Janick Lépine, qui gère la collection d'oeuvres d'arts publiques avec la conservatrice Francine Godbout, est convaincue que des citoyens informés et sensibilisés sont davantage en mesure de comprendre la pertinence de ces investissements.

«Lors des premières consultations (au printemps 2012), on remarquait que pour intéresser les citoyens au macro, on doit d'abord les intéresser au micro. Si dans leur environnement on retrouvait une oeuvre d'art publique, ou du patrimoine bâti, les gens étaient davantage intéressés. L'aspect historique les touche. On est chanceux parce qu'on a beaucoup d'expertise à Sherbrooke dans les différents champs disciplinaires au plan patrimonial, alors on peut intéresser plus facilement la population à ces questions.»

Si la population est en général déjà sensibilisée au patrimoine bâti, tout le volet du patrimoine immatériel constituera sans doute un défi de taille. Mais sa valeur n'en est pas moins importante, selon Petronella Van Dijk, directrice de la Maison des arts de la parole. «Le patrimoine immatériel est un peu le parent pauvre, parce que mal compris, mal connu. Dans notre région on a un être exceptionnel, Mike Burns, qui a 59 ans et conte depuis 50 ans. Il porte un patrimoine et c'est un transmetteur d'un savoir-faire qui est très ancien. C'est important de le faire savoir pour que les gens soient fiers de ce que ça implique au niveau de l'imaginaire, du savoir, et de la connaissance de la langue.»

Sherbrooke dans 10 ans?

La future Politique du patrimoine devant être déployée sur un horizon de 10 ans, comment ces intervenants imaginent-ils la ville au bout d'une décennie d'initiatives de mise en valeur et de protection de son patrimoine?

La directrice du Musée de la nature et des sciences, Marie-Claude Bibeau, espère que la jeune génération s'y intéressera davantage. «À Lennoxville, c'est la population vieillissante qui s'est préoccupée du patrimoine. Ce serait bien que la population qui pousse soit active à ce niveau.»

Petronella Van Dijk lance en riant une idée qui rejoint presque le défunt projet de Sherbrooke, capitale culturelle. «Dans 10 ans on aura les Jeux culturels du Canada! Ce serait intéressant que la culture occupe une place équivalente aux sports. Mais il y a encore beaucoup de travail à faire!»

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