Déterrer le passé

Avec sa toute dernière production, Ce qu'on enterre,... (Imacom Jocelyn Riendeau)

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Avec sa toute dernière production, Ce qu'on enterre, le Théâtre des Turcs gobeurs d'opium sort de ses bonnes habitudes artistiques pour entrer, en quelque sorte, dans un nouveau cycle de création dont font partie Sarianne Cormier et Sébastien David.

Imacom Jocelyn Riendeau

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Tout finit par refaire surface. Cette prémisse est celle de la toute dernière production du Théâtre des Turcs gobeurs d'opium, Ce qu'on enterre, une pièce qui aurait bien pu s'appeler "ce qu'on déterre" tellement le passé resurgit forcément. Des mémoires qui sont souvent marquées par le temps qui passe, mais auxquelles il faut inévitablement faire face.

Ce qu'on enterre, c'est l'histoire d'une fille qui retourne, 25 ans plus tard, voir un ami de qui elle était très proche à la maternelle. Elle a une mauvaise nouvelle à lui annoncer. Sa visite sera donc le prétexte à une histoire d'amour qui est articulée selon un principe de jeu de réminiscence.

«On essaie de voir de quelle façon on se rappelle des événements antérieurs, de quelle façon on les modifie, on les magnifie. Les humains ont une mémoire qui est affective, qui est sélective et c'est avec cette distorsion-là que l'histoire nous est racontée», explique d'emblée le metteur en scène et co-auteur de la pièce, André Gélineau.

Pour lancer l'écriture, il est parti de l'un de ses souvenirs d'enfance, soit une vidéo d'un accident d'autobus qui l'a complètement terrifié. «Dans mon souvenir c'était absolument violent alors que ça ne devait pas l'être tant que ça en réalité.» De fait, Ce qu'on enterre n'est pas un récit réaliste, mais plutôt onirique et fabulé. «C'est une fable sur le temps et sur l'immuabilité», ajoute-t-il.

Co-écrite par André Gélineau, Catherine Léger et Sarah Berthiaume, que les Sherbrookois ont récemment vu dans Disparitions du Théâtre du Double Digne, Ce qu'on enterre mise essentiellement sur le principe de scène à rebonds et de basculements entre le passé et le présent.

«C'est un peu ce qui a guidé notre pratique jusqu'à ce qu'on ramène tout ça ensemble. Nous nous sommes aussi permis d'aller jouer dans nos scènes pour qu'il se crée une homogénéité entre nos trois voix», explique André Gélineau en soulignant qu'il s'agissait-là d'un pari. «Nous avons voulu faire un tout cohérent. La structure est atypique, mais ça fonctionne», dit-il.

Sur scène, les comédiens Sarianne Cormier, Sébastien David, Emmanuelle Laroche, Alexandre Leclerc, Patrick Quintal et Jean-Moïse Martin se partagent les rôles, accompagnés des concepteurs Simon Vincent à la scénographie, Elen Ewing aux costumes et Yann Godbout à la musique.

Un nouveau cycle

Avec cette dernière création, les Turcs gobeurs d'opium sortent ainsi de leur Saint-Johanne-des-Calvettes, quittant cet univers artistique qui les a vu naître. «Je pense que dans la vie il faut se provoquer. On change donc de cycle, on essaie de creuser un autre sillon et de voir qu'est-ce qu'on peut raconter différemment. Ça fait du bien aussi, il y a un côté rafraichissant.»

Ce vent nouveau souffle également sur l'équipe qui accueille dans ses rangs une nouvelle membre, soit Emmanuelle Laroche, qui se joint à l'équipe en tant que comédienne, mais aussi en tant qu'administratrice. «La base est solide, mais il y a plein de nouveaux membres parce que ça déstabilise de bonnes habitudes qui parfois sont dangereuses en art. Ça prend de nouveaux ingrédients pour avoir un nouveau goût.

Et à quelques jours de la première, la confiance règne, et ce, même si André Gélineau reconnaît qu'il s'agit d'un spectacle qui contient un haut taux de risque. «C'est une histoire qui n'est pas rassurante dans la façon qu'elle est racontée, le décollage est plus grand et il y a un aspect un peu plus fantaisiste. On se déstabilise par rapport à l'an passé, on amène les gens ailleurs.»

À l'agenda

Ce qu'on enterre de Sarah Berthiaume, André Gélineau et Catherine Léger

Théâtre des Turcs gobeurs d'opium

Du 16 novembre au 1er décembre à 20 h (les jeudis, vendredis et samedis)

Théâtre Léonard St-Laurent

Information et réservation: 819 573-0167 ou turcsgobeurs@hotmail.com

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