C'est en lisant tout bonnement un rapport du Service des renseignements criminels (SCRC) sur l'état du crime au Canada qu'André Jacques a eu la brillante idée d'ancrer son prochain dans l'industrie diamantaire. «J'ai été intéressé par le crime organisé et les diamants d'une part, mais j'ai été surtout fasciné par le côté sombre des diamants et de son industrie par opposition à la clarté et à la beauté de ces pierres précieuses», explique-t-il.
Aussitôt, l'auteur est allé frapper à la porte de son personnage récurrent Alexandre Jobin, cet antiquaire montréalais et major retraité de l'armée canadienne qui est son protagoniste depuis quatre romans déjà. C'est ainsi qu'à la suite d'un appel de Julie Dorval, une ancienne collègue, qui vient tout juste de commettre un vol de diamants au Yukon, Alexandre se retrouve à Londres, Paris et Anvers.
«Je ne fais pas dans le roman d'enquête traditionnelle, mais plutôt dans le roman de suspense. Les personnages se trouvent entrainés dans une série d'événements dans différents lieux et ne peuvent plus s'en sortir», explique-t-il.
C'est pour cette raison d'ailleurs qu'il est important pour l'auteur de bien représenter, de bien décrire les lieux que ses personnages investissent. «Je veux décrire en créant de l'émotion, en touchant à l'atmosphère, mais j'ai aussi de l'action, 16 cadavres en tout dans le roman!»
Un genre, des recherches
Mais ne plonge pas dans l'univers du trafic des diamants qui veut. Il faut aller sur le terrain, rencontrer des gens et faire des recherches. «À partir du moment où j'ai décidé que j'allais ancrer mon livre dans les diamants, je suis parti me renseigner sur l'industrie diamantaire, notamment à Anvers, en Belgique, où plus de 70 % des diamants du monde transigent. J'ai voulu voir comment ça se passe, tout en apprenant sur le marché souterrain.»
De fait, André Jacques est d'avis que les lecteurs de polar aujourd'hui sont de plus en plus exigeants et de moins en moins dupes. Ils recherchent des informations véridiques, réelles et crédibles.
«Ce n'est ni un traité de géologie, ni un essai de sciences politiques, mais le lecteur de polar repère vite les erreurs. Ce sont des gens qui en demandent beaucoup aux auteurs», admet celui qui est lui-même un lecteur assidu de polars et de romans policiers.
Après avoir fait un séjour aussi intense, Alexandre Jodoin reviendra-t-il sous la plume d'André Jacques? «Il va rester, c'est certain, le cinquième roman est déjà en marche. Mon seul souhait serait d'être plus rapide. Pour l'instant, je suis au rythme d'un livre tous les quatre ans ce qui fait mon personnage ne peut pas vieillir à la même vitesse que moi, alors c'est contraignant» confie celui qui a fait de l'écriture une seconde carrière. «Écrire est devenu quelque chose d'essentiel pour moi et le polar reste et restera mon genre de prédilection.»