Le Madrid ou expo sur une mort annoncée

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Dès qu'ils ont appris la destruction du célèbre Madrid, ils sont partis avec leur appareil photo afin d'immortaliser les derniers moments de cet icône patrimonial. Avec quelques centaines de clichés en poche, Jean-François Dupuis, Clemz et Jean Beaudoin ont décidé de les offrir au public pour qu'il se souvienne. De fait, Quelque part sur la 20, c'est une exposition, mais c'est aussi l'histoire d'une disparition.

Arrêt obligé sur l'autoroute 20 entre Québec et Drummondville, le défunt Madrid était connu de tous et de toutes. Feux d'artifice, Normand L'Amour, motel, poutine, essence, personnel qui parle anglais, dinosaures et monster trucks, il n'y a pas à dire, toutes les raisons étaient bonnes pour s'arrêter au Madrid. Mais aujourd'hui, alors que la halte a cédé sa place à un complexe routier moderne, trois gars, trois photographes, ont décidé de raconter son histoire une dernière fois.

«Partir les trois ensemble, c'était un trip de gars, une façon de faire un projet collectif, mais en même temps, une occasion de faire hommage au patrimoine québécois, explique Clemz, alias Clément Drolet. On ne voulait pas nécessairement exposer, mais plus ça allait, plus nous réalisions que avions là quelque chose pour le faire.»

Différents dans leur approche de la photographie, ils se sont donc pointés sur les lieux pour croquer une dernière fois l'essence du Madrid: Clemz avec ses appareils de lomographie, Jean Beaudoin avec ses polaroïds et ses fisheyes et Jean-François Dupuis avec son appareil numérique. «Tous les trois, on se complète dans la vie comme en photo, reconnaît Clemz, et pour y arriver, il fallait que chacun porte le projet à sa façon.»

Et s'ils sont allés sur le site du Madrid avant et après sa destruction, de plus en plus, le fil conducteur de l'exposition devenait clair. «On raconte vraiment une histoire, celle d'une icône du patrimoine québécois parce que tout le monde connaît le Madrid.»

D'ailleurs, les trois acolytes rêvent déjà de voir leur exposition se déplacer aux quatre coins du Québec. «Ça fait partie de notre mémoire collective, alors c'est certain qu'on aimerait ça qu'elle voyage.»

Au total, ce sont donc plus de 30 images qui se succèdent autour d'un important artefact: un pied de dinosaure de mousse trouvé sur place qu'ils ont rapporté avec eux. Quant à distinguer la signature photographique de chacun, chaque image s'inscrit dans un tout, dans une histoire. «Ce n'est pas important pour nous ici de dire qui a pris quoi comme photo puisqu'elles s'inscrivent dans un tout. Mais on peut quand même distinguer notre style», s'entendent-ils pour dire.

Visiblement nostalgique, Clemz pointe quelques oeuvres en rappelant que ce qui «apparaît ici, ça n'existe plus. Finie la beauté naïve du Madrid. Quand on s'arrêtait là, on ne s'attendait pas à la perfection, ça rejoignait tout le monde», conclut-il avant d'inviter les gens à venir se souvenir avec eux à Saint-Camille avant, qui sait, que l'exposition Quelque part sur la 20 fasse son bout de chemin.

À l'agenda

Quelque part sur la 20

Jean-François Dupuis, Clemz et Jean Beaudoin

Jusqu'au 19 octobre (vernissage vendredi 31 août à 17 h)

Espace Hortense du P'tit bonheur de Saint-Camille (162, rue Miquelon, Saint-Camille)

www.ptitbonheur.org

819 340-1993

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