Première montréalaise pour Jérémy Comte

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Frank Lavallée...

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Frank Lavallée

Amélie Boissonneau

Amélie Boissonneau

Lorsque Jérémy Comte a contacté Frank Lavallée, champion mondial de freestyle skate, c'était pour lui proposer de tourner une vidéo de lui en action, tout simplement. Mais peu à peu, des liens se sont tissés et du coup, le jeune cinéaste aura passé une année avec lui. Assez de temps finalement pour qu'il entre dans les coulisses d'un sport extrême et qu'il en ressorte avec La Rueda, un documentaire touchant qui va bien au-delà de l'esthétique des passes de skate.

Le skate, les sports extrêmes, la compétition et les voyages, nombreux sont ceux qui envieraient ce mode de vie aux allures exaltantes. En fait oui, c'est comme une roue -la rueda en espagnol d'où le titre du film- qui ne cesse de tourner mais qui n'apporte pas que des joies.

«C'est génial de voir comment Frank a tenté d'amener le skate plus loin, mais en même temps, c'est une triste histoire parce qu'il ne peut pas en vivre. C'est un drôle de paradoxe parce qu'au fond, il est pris avec un emploi qui ne lui plait pas et doit conjuguer avec une petite dépression», raconte Jérémy Comte.

Des rues estivales de Montréal à celles de La Havane, à Cuba, l'hiver, le cinéaste a fait le tour du calendrier en sa compagnie. Au final, il propose un documentaire à l'image d'une génération.

«C'est à propos de notre génération, de la culture du skate, mais surtout sur un rêve impossible que Frank doit accepter et s'en relever.»

Nouveau genre

De fait, à travers une trame narrative, le skate occupe beaucoup de place.

«Franck nous a fait des trucs exceptionnels, mais il n'y a pas que ça. J'ai voulu sortir des films de sports extrêmes traditionnels pour montrer un personnage touchant», indique-t-il. Et pour aller à contre-courant de ce genre, il a poussé encore plus loin l'esthétique de l'image. Nouveaux cadrages, mouvements ralentis et couleurs éclatantes.

«Je tenais à garder ce look cinéma, c'est pourquoi je me suis entouré d'un directeur photo. Au final, je crois que nous avons un nouveau genre de vidéo de skateboard

Quant à savoir quel genre, entre la fiction et le documentaire, il préfère, il avoue adorer les deux mais juge qu'avec un marché saturé en matière de fiction le documentaire reste davantage accessible pour l'instant.

«Le documentaire, c'est instinctif, alors que la fiction demande d'être bon en écriture et en direction. En ce moment, j'essaie de faire des documentaires structurés comme des films de fiction», explique celui dont le dernier film de fiction a été repéré par EnRoute qui le projettera dans tous les avions d'Air Canada.

Et dans la continuité de son précédant documentaire Feel the Hill présenté l'année dernière en tournée mondiale du Festival du film de montagne de Banff, Jérémy Comte a choisi de s'entourer de la même équipe composée majoritairement de Sherbrookois qui font leur cinéma pour la musique, le tournage et la production.

«Nous serions vraiment fiers de venir le présenter ici», admet-il alors que déjà, quelques programmeurs d'événements cinématographiques le courtisent. Et si tout se passe bien, son film devrait voyager à fond dans les prochains mois. Une rueda qui commence à peine à tourner et qui tournera, espère-t-il, encore longtemps.

À l'agenda

La Rueda

Grande première montréalaise

Jeudi 19 juillet à 21 h

L'espace des arts (9, rue Sainte-Catherine Est, Montréal)

www.ruedafilm.com

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