Manon Robert a toujours observé avec attention ce qui se passe autour d'elle. Psychoéducatrice, elle s'est attaquée à des sujets pour le moins tabou tels que le burn-out, la maladie mentale, la toxicomanie et l'homosexualité à travers ses trois premiers livres. Mais lorsque l'idée du quatrième livre a commencé à se poindre, tout est devenu, disons-le, confus.
«Ça m'intéresse de regarder les gens vivre et de voir quel sera le chemin qu'ils choisiront. Au fil du temps, j'ai rencontré des gens qui ont dû faire face à toutes sortes d'affaires et c'est ce qui m'a inspirée», explique-t-elle.
Mais en commençant à écrire Les immaternelles, jamais n'aurait-elle pu imaginer que le sujet choisi, la maternité, l'aurait menée si loin au fond d'elle-même. C'est que pour écrire, non seulement devait-elle aller au-delà de ses propres préjugés, mais encore fallait-il qu'elle accepte sa propre ménopause et surtout, le fait de ne pas avoir d'enfant. «Ça ne m'a jamais manqué jusqu'au jour en fait où je suis entrée en ménopause. À ce moment-là, la réalité change», admet-elle.
Recherches et écriture déjà entamées, elle a fait une pause pour mieux reprendre plus tard. «J'ai même pensé tout abandonner, mais l'écriture me chatouillait au fond de moi. Aujourd'hui, je réalise qu'il fallait que je le fasse pour mieux recommencer, pour commencer autre chose.»
Une quête
Avec Les immaternelles, le lecteur suit la quête de Marcia, une journaliste qui a fait le choix de ne pas avoir d'enfant, mais qui, du jour au lendemain, se voit confrontée à la maternité. Être femme avant d'être mère, donner la vie par croyances religieuses, choisir de ne pas le devenir pour des raisons personnelles, voilà autant de questions qu'elle se pose lorsqu'elle fait la rencontre de Lucie-Anne, une jeune femme qui ne veut pas de son fils.
«Je me suis servie de mes expériences, mais également de celles de personnes que j'ai rencontrées pour faire une histoire qui s'adresse aux femmes. Que l'on soit mère ou pas, ça touche à différents endroits», explique l'auteure qui aime avoir la possibilité de jouer avec ces histoires pour les mettre dans une oeuvre de fiction. «J'adore mettre mon grain de sel et jouer avec mon imagination.»
N'empêche, au terme de cette longue gestion, Manon Robert reconnait que le fait d'avoir ou pas des enfants reste encore un sujet tabou. «Ça ne fait pas tellement longtemps qu'on accepte qu'une femme n'ait pas d'enfant», dit-elle. Et pour écrire sur la maternité, force est de reconnaître qu'il lui a fallu lâcher prise. «Je me suis posé une foule de questions pour en arriver à me dire que j'étais peut-être prédestinée à écrire ce livre-là.»
Les immaternelles de Manon Robert est disponible à la Biblairie GGC de même que par courriel à robert.manon@videotron.ca.