Éléments d'un parcours musical bien assumé

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Tristan Malavoy... (Imacom, Maxime Picard)

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Tristan Malavoy

Imacom, Maxime Picard

Amélie Boissonneau

Amélie Boissonneau

Tristan Malavoy fait de la musique sans jamais nier ses influences littéraires. Et avec Les éléments, son deuxième album lancé au début du mois de mai, c'est quelque part entre le spoken word, la pop et le folk qu'il trouve sa place. Une manière de faire de la chanson qui n'a peut-être pas d'égal et qui appuie ici une douzaine de portraits de vie bien de leur temps.

Entre les chroniques qu'il signe dans Voir, ses apparitions dans la version télévisée de cette même publication, les paroles qu'il a signées pour de nombreux chanteurs et ses autres engagements littéraires, Tristan Malavoy revient chaque fois à la musique. De fait, six ans après avoir lancé ses Carnets d'apesanteur, Les éléments sont arrivés dans son parcours comme une sorte d'obligation.

«Oui, il y avait une obligation qui a fait son chemin, reconnaît-t-il d'emblée. Dans les moments où j'étais loin de la musique, c'est là que j'ai senti le plus d'urgence. Le chemin est très long et ardu et si j'en arrive aujourd'hui à lancer un deuxième album, c'est que je crois bien avoir ma petite pierre à apporter dans le paysage musical.»

Mettre de la poésie en chanson, voilà qui pourrait résumer, voire décrire sa démarche musicale. Au fil des dernières années, il a participé à de nombreuses soirées de spoken word et de slam, une scène qu'il applaudit autant comme acteur que comme spectateur. Et tout en se tenant loin dans la valse des étiquettes, il admet avoir une signature musicale bien à lui.

«J'essaie de composer une chanson assez pop, de la pop à texte ouverte aux influences de l'oralité. C'est en train de devenir ma spécialité, ma marque de commerce. Je ne dis pas que je suis le seul à le faire, mais de la manière dont je le fais, je crois qu'il n'y a pas d'équivalent.»

Ce qui se passe autour

C'est donc avec des textes d'une grande profondeur que Malavoy écrit et décrit la vie telle qu'il la voit, le tout avec une écoute particulière du monde qui l'entoure. «Ce qui jaillissait, c'est quelque chose de plus sensible par rapport à ce qui se passe autour de moi. Cette fois, il y a plusieurs textes qui sont à l'écoute du siècle», dit-il en pensant notamment à Un siècle comme les autres, la chanson qui ouvre l'album, et à Une vie nouvelle qui raconte l'histoire d'un homme qui voit défiler devant lui les manchettes des journaux.

Des images fortes qui tiennent plutôt d'une ouverture sur le monde que de l'engagement. «C'est pas parce que j'ai du mal à me mouiller politiquement. Ça, je le fais tout le temps, mais ça n'a pas encore touché de manière directe le propos poétique», ajoute celui qui a collaboré sur cet album avec Amylie de même que le musicien Alexis Martin qui signe ici sa première réalisation.

La chanson, un fil conducteur

Chose certaine, au coeur de tous les chapeaux qu'il porte, la chanson reste. En fait, elle est devenue une sorte de fil conducteur, un incontournable représentatif de ce qu'il est comme créateur. «Je souhaite donc que les gens tendent l'oreille, qu'il suive ce fil-là parce que la chanson est là pour rester dans ma vie.»

Et quand on baigne autant dans la culture, la littérature, la musique et même la politique, est-ce que la critique est plus dure envers lui ?

«Certainement, mais ce qui me fait le plus plaisir c'est quand on juge l'album comme un parcours de créateur et qu'on ne mêle pas ça à mes autres chapeaux parce que dans mon esprit, tout ça est très séparé. J'ai le goût d'étonner dans ce que je fais. Étonner, c'est dans mon intention et je l'assume totalement!»

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