Art ferroviaire dans un lieu rassembleur

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Amélie Boissonneau

Amélie Boissonneau

À l'époque de l'industrialisation de Sherbrooke, le secteur de l'ancienne gare centrale débordait de vie. Visiteurs, travailleurs et industriels se rassemblaient ainsi autour des lignes de transport ferroviaire, cette porte d'entrée vers l'ailleurs. À partir de cet imaginaire créé par les trains, les gares et les chemins de fer, Zone Art a décidé d'organiser une exposition sur le transport ferroviaire à la microbrasserie Siboire. Invitation au voyage... en train!

Grosse ferraille, vieux wagons graffités, gares et paysages, voilà ce qui a inspiré les onze artistes retenus par Zone Art pour l'exposition Transport ferroviaire. «Tous les artistes ont été charmés par le thème. Il y a comme un romantisme d'attaché à la thématique ferroviaire. C'était universel. Ça fait rêver et en même temps, ça nous rapproche», reconnait Patrice Côté, coordonateur de Zone Art.

C'est bien entendu le lieu qui a dicté la thématique. Rassembleuses par définition, les gares sont aussi un point d'accueil et de rassemblement... et que dire de la bière!? «C'était le lieu idéal pour tenir ce genre d'expo parce que Sherbrooke s'est développée autour des chemins de fer. Autour de la gare, il y avait à l'époque plein d'hôtels, c'était une plaque tournante pour les gens de la région», poursuit-il en insistant sur l'unité des différentes oeuvres présentées.

Duo créatif

Pour l'occasion, photographes et artistes en arts visuels ont proposé des oeuvres remplies d'imaginaire et de poésie. C'est le cas notamment de Sandra Tremblay qui, grâce à cette proposition, a commencé une toute nouvelle série consacrée aux trains. «Le thème des trains, ça me tentait déjà depuis un an à peu près, c'était donc le bon moment pour moi de commencer.»

Et pour s'immerger pleinement de cette atmosphère, elle est allée visiter à deux reprises l'Exporail, le musée ferroviaire canadien, à Saint-Constant. «Il y avait de quoi tripper là. Ça m'a vraiment partie. Ça fait longtemps que je suis fascinée par les gros navires, donc tout ce qui est cargo, ferraille, voyage, c'est vraiment ça qui m'a allumée», poursuit-elle en avouant avoir été accrochée par le thème du déraillement et le côté bohémien des voyages en train.

Des quatre oeuvres qu'elle présente, deux ont été réalisées conjointement avec son amoureux Daniel Coulombe. Avec Alicia Burton, le nom avec lequel le duo signe ses oeuvres, on entre littéralement dans un univers débridé et coloré. «Il y a plein d'allusions à des choses qui nous intéressent, à des films, des livres. Bref, on fait des clins d'oeil aux choses qui nous ont marqués à ce moment-là.»

Dans l'atelier, l'échange des tableaux, des pinceaux et des idées reste en somme un processus créatif unique en son genre. «On est chanceux de pouvoir le faire. C'est comme un ballet.» Et comme Daniel Coulombe est fort en histoire et adore jouer avec l'imaginaire, un de leur diptyque est justement tiré d'un texte en prose qu'il a écrit.

Au total, ce sont plus d'une vingtaine d'oeuvres de Clemz, Brigitte Blanchet, Jean-François Dupuis, Olivier Blouin, Étienne Saint-Amant, Mathieu Pépin, Erik Beck, Sébastien Moreau et Nathalie Ampleman qui présentent toutes une vision personnelle de la thématique ferroviaire.

À l'agenda

Transport ferroviaire (organisé par Zone Art)

Jusqu'au 17 août

Microbrasserie Siboire (80, rue du Dépôt)

Vernissage jeudi 3 mai à 17 h avec présentation sur l'histoire du transport ferroviaire à Sherbrooke par l'historienne Marie-Ève Gingras.

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