Dérapages chez les jeunes

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Par le biais de Dérapages, son réalisateur Paul... (Imacom, Jessica Garneau)

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Par le biais de Dérapages, son réalisateur Paul Arcand lance le dialogue avec les jeunes conducteurs et un message clair pour un appel à la prudence.  

Imacom, Jessica Garneau

 

Caroline Bouchard

«Un accident, moi? Ça arrive juste aux autres», relate Claudia di Lorio dans le tout nouveau documentaire-choc de Paul Arcand, Dérapages, en salle à Sherbrooke depuis lundi. Avec des images fortes, un montage à la Rapide et dangereux, et surtout grâce à la parole des jeunes, le réalisateur espère s'adresser plus directement au 16- 24 ans.

«J'ai d'abord écrit le film en pensant à mes deux fils qui sont âgés de 22 et 25 ans. Je ne voulais pas donner de leçon de morale, je voulais juste montrer les choses telles qu'elles étaient dans la mesure du possible», raconte le journaliste et animateur reconverti en réalisateur.

Pau Arcand souligne que la possibilité imniprésente que ce type d'accidents implique un de ses fils le hantait durant ses recherches. La tranche des 16 à 24 ans détient 10 pour cent des permis de conduire au Québec, mais représente 29 pour cent des décès sur nos routes. Les causes sont souvent liées à un dangereux mélange d'alcool, de vitesse excessive et parfois même de drogue, et une majorité de ces accidents sont causés par des conducteurs de sexe masculin.

Une partie du long-métrage se déroule au printemps et durant l'été 2010, une période où la route avait fait de nombreuses victimes. Il débute d'ailleurs avec l'accident tragique de Drummondville qui avait entrainé dans la mort cinq jeunes hommes.

«Le pire, c'est que malgré le deuil immense dans lequel se sont retrouvés ces jeunes hommes, certains ont recommencé à mélanger alcool et volant ou encore à rouler à des vitesses excessives, ça me dépasse», expliquait le réalisateur dans une salle du cinéma Galaxie remplie d'adolescents.

À cet égard, pour réussir à rejoindre les jeunes hommes, Paul Arcand a utilisé le témoignage de Michaël, victime de son excès de vitesse, mais toujours vivant.

«Jusqu'ici, partout où nous avons présenté le film au Québec, le personnage de Michaël est celui qui touche le plus les garçons. Mourir, pour eux, ce n'est pas grave. Ça a quelque chose de quasi poétique. Par contre, être dans un CHSLD, nourri par ses parents, complètement dépendant, et que leurs amis ne viennent même plus les voir, ça, c'est ce qu'il y a de pire», souligne l'animateur radio au 98,5 fm.

L'histoire de la mère de la petite Bianca Leduc, trois ans,  fauchée mortellement le jour de l'Halloween 2007 sur son terrain à Notre-Dame-de-l'île-Perreault tire quelques larmes aux spectatrices. Nadia Leduc est encore bien loin de la guérison. «Pour elle, avec les procédures judiciaires qui viennent à peine de se terminer, c'est le début du vrai deuil. C'était un cas de haute vitesse dans un quartier résidentiel avec pratiquement aucune expérience de conduite.»

Des solutions?

Les jeunes mentionnent dans le documentaire que plutôt que de serrer la vis à tous les 16-24 ans, il vaudrait mieux resserrer les sentences pour les conducteurs dangereux. L'accès graduel à la voiture est aussi une des solutions apportées, cette fois-ci, par le documentariste.

À l'agenda

Dérapages

Paul Arcand

En salle depuis lundi

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