Pour représenter la ville à sa façon, Chantal Lagacé appose, sur des canevas de très grands formats, peinture, objets, photos et découpures de journaux. «Tout part du quotidien, explique-t-elle. Le mien, c'est celui de tous les jours. J'habite dans la ville, alors je m'intéresse au rapport que j'entretiens avec elle.»
Temps qui passe, architecture, histoire, géographie et occupation du territoire et de l'espace, voilà autant de thèmes qui accrochent l'oeil de l'artiste en arts visuels. «Je me dis que jour après jour, on ne porte peut-être pas assez attention à certains éléments qui nous entourent», ajoute-t-elle en citant comme exemple la fondation de Sherbrooke. On retrouve encore des choses de cette époque, c'est une chance de pouvoir les admirer dans notre paysage urbain, ça nous parle de notre histoire.»
Ainsi, Chantal Lagacé arpente la ville, appareil photo à la main, les sens ouverts en portant attention à chaque petit détail. «C'est une expérience dans la ville, reconnait celle qui se considère comme une véritable citadine. Je prends des photos, ramasse des objets, tout ça au rythme des tensions et des événements.»
Dans ses oeuvres, toutes ses petites trouvailles viennent se juxtaposer et de répéter dans un tout pour le moins organisé rappelant des thématiques urbaines et, dans ce cas-ci, propres à Sherbrooke. Plus encore, dans un tableau comme celui inspiré du centenaire du journal La Tribune, on retrouve voici et là des mots, des ruptures et des objets rappelant la discontinuité du temps et de l'espace. À cette ligne temporelle sont venues se greffer des morceaux d'histoire.
Petites vues
De son propre aveu, Chantal Lagacé a besoin d'espace dans ses tableaux pour présenter la ville à sa façon. Mais pour la toute première fois, elle présente des séries de petits formats. «À partir des photos prises dans la ville au fil des ans, j'ai porté une attention particulière à un détail que j'ai ainsi détouré pour le faire ressortir encore plus», souligne-t-elle.
Des balcons, des détails architecturaux, des fenêtres et des vitrines de commerce, les éléments urbains sont ainsi isolés afin de permettre au spectateur de les voir encore mieux. «Je souhaite que les gens apprennent à voir leur ville différemment. Nous créons la ville, elle est le reflet de nous-mêmes, elle est belle et heureuse.»
La prochaine étape? Ajouter du son à l'image afin de faire entrer les gens dans l'atmosphère de la ville. «Il y a tellement d'avenues que je veux explorer avec ce projet. Avec la vidéo et l'audio, les possibilités sont infinies et j'ai de quoi m'occuper encore pour longtemps», admet-elle en mentionnant au passage que c'est Trois-Rivières qu'elle explorera prochainement.
«En transposant ce projet ailleurs, comme à Trois-Rivières, mais aussi à Portland, Boston et New York, j'irai valider certaines choses au niveau de la façon dont nous habitons les villes ici, à Sherbrooke, mais aussi ailleurs.»
À l'agenda
Chantal Lagacé
Motifs détourés
Jusqu'au 29 avril
Maison des arts et de la culture de Brompton (1, rue Wilfrid-Laurier)
www.maculturebrompton.com