Pour une histoire de débat du Parti québécois

À quelques reprises pendant le débat, Martine Ouellet... (Imacom, René Marquis)

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À quelques reprises pendant le débat, Martine Ouellet s'est permis de corriger ses collègues au sujet d'une statistique erronée ou d'une information inexacte. Pierre Karl Péladeau et Pierre Céré, à l'instar de leurs rivaux, se sont à toutes les fois inclinés.

Imacom, René Marquis

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Le Parti québécois tenait le 29 mars à la salle Alfred-Desrochers du Cégep de Sherbrooke le deuxième débat de sa course à la chefferie. Notre collaborateur Dominic Tardif dresse une liste non exhaustive - et vaguement impertinente - des notes consignées dans son calepin.

L'idée contre laquelle il faudra s'élever

Alexandre Cloutier peut compter sur l'appui de la moitié de la distribution de L'auberge du chien noir (Claude Prégent, Vincent Gratton) ainsi que sur celui du beau barbu aux yeux doux qui chantait dans Karkwa (Louis-Jean Cormier) et du gars qui trippait sur Ginette (Michel Rivard). C'est un jeune homme dynamique qui transpire la santé et la sérénité. On pose souvent dans les médias la question rhétorique : «Avec quel politicien aimeriez-vous aller boire une bière?» Avec Alexandre Cloutier, j'aimerais aller pique-niquer au parc Jacques-Cartier, avant de longuement marcher en sa compagnie sur la promenade du Lac-des-Nations en discutant de développement durable.

Ceci dit, je m'opposerai farouchement, je sortirai dans la rue, je frapperai sur toutes les casseroles du monde pour éviter que le député de Lac-Saint-Jean, s'il devait devenir chef du Parti québécois puis premier ministre, impose cette taxe de trois sous sur les boissons gazeuses qu'il a évoquée pendant le débat. Que ce soit pour faire la promotion de l'activité physique et des saines habitudes de vie ou pour éradiquer la faim dans le monde, jamais je n'accepterai que le long bras de l'État ne mette ses gros doigts dans le soda tonique avec lequel j'allonge mon gin.

C'est la faute des libéraux?

Pierre Céré est le Monsieur Miyagi de cette course à la chefferie. Il n'est là que pour mettre à l'épreuve ses collègues. Ses phrases prennent souvent la forme de longs crescendos qui s'amorcent dans un murmure pour se conclure le poing sur la table. «Le seul enjeu de cette course, c'est le Parti québécois lui-même, sa survie», disait-il dimanche, un sage diagnostic au son duquel ses adversaires ont tous opiné du chef, pour mieux tout oublier la seconde d'après.

«C'est toujours la faute des autres», soupire Cherif N'doye, dans le lobby de la salle Alfred-Desrochers, où la centaine de personnes qui n'avaient pas pu trouver de sièges à l'intérieur regardaient le débat sur un écran de télé. Le vétéran militant péquiste n'en pouvait plus d'entendre les aspirants successeurs à Pauline Marois blâmer le gouvernement actuel pour leurs déveines. «Ce n'est pas les libéraux qui sont allés en élection avec la charte. C'est eux! Et puis dites-moi pourquoi il fallait tenir la course tout de suite? On aurait dû procéder à l'autopsie du parti, d'abord et avant tout.»

Bernard Drainville et les silences dramatiques

Le subtil comédien qu'est Bernard Drainville aurait davantage besoin des conseils des vedettes de L'auberge du chien noir que son collègue du Lac. Son coffre à outils de parfait petit tribun ne compte qu'un seul procédé : le silence longuement soutenu afin de produire un...................... effet dramatique! C'est un peu........ lassant!

L'ex-journaliste pimente aussi généreusement ses phrases de mots ou de tournures empruntées au langage populaire - icitte, varger, bretter. On devine que l'homme souhaite ainsi signifier sa proximité avec le vrai monde. Il obtient, comme de raison, le résultat inverse.

Le couple militant le plus attachant

Claire Bouchard et Yves Trudeau se sont rencontrés en 1990 lors d'un congrès de l'aile jeunesse du Parti québécois et ne se sont jamais quittés depuis. Qui appuient-ils? «Alexandre Cloutier, parce que sa priorité, c'est l'éducation», me lance Claire en pointant le carré rouge toujours épinglé à son sac à main.

Yves tergiversait toujours et espérait que le débat l'aide à y voir clair. Il y en a un des cinq que vous n'aimez pas pantoute? «PKP», répondent-ils en choeur au sujet du candidat qui inspire le plus de ferveur et le plus d'antipathie.

On fait confiance à Martine Ouellet

À quelques reprises pendant le débat, la seule femme de cette course s'est permis de corriger ses collègues au sujet d'une statistique erronée ou d'une information inexacte. Ils se sont à toutes les fois inclinés, comme on s'incline devant un professeur dont on ne songerait sous aucun prétexte à mettre en doute les connaissances.

Gilles Gougeon portait le noeud papillon avant que ce soit cool

Gilles Gougeon a longtemps été le seul et courageux ambassadeur du noeud papillon (si on exclut Passe-Montagne). On s'imagine facilement l'opprobre dont il a été victime, les railleries qu'il a essuyées, les quolibets soufflés dans son dos par des collègues radio-canadiens jaloux de son audace. C'était bien avant que les hipsters de ce monde ennoblissent cet élégant accessoire mode (une réappropriation plus judicieuse que celle de la salopette).

Pourquoi le retraité de la société d'État a-t-il préféré accepter l'assommante tâche d'animer les débats du PQ plutôt que de tabler sur ce regain d'intérêt pour le noeud pap' en mettant en marché sa propre ligne? Allez comprendre! Je connais des milliers de jeunes hommes qui adoreraient garnir leur garde-robe de noeuds papillon signés Gougeon. Gilles Gougeon est un homme admirable, oui, mais Gilles Gougeon est aussi un homme qui a besoin d'être mieux conseillé.

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