Parfums d'automne

Les cinq prochains sont en tournée. Les cinq... (Courtoisie)

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Les cinq prochains sont en tournée. Les cinq prochains? Kim Levac, Pierre-Bruno Rivard, Fred Dubé, Virginie Fortin et Phil Roy.

Courtoisie

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«La culture... ce qui a fait de l'homme autre chose qu'un accident de l'univers», croyait André Malraux. On vous laisse méditer là-dessus tout en vous proposant quelques voies culturelles à explorer...

Sortie

Les cinq prochains - La tournée

Phil Roy sort de scène le visage tordu par la confusion et claque la porte de sa loge comme on referme un tombeau, complètement démoli par la réaction tiède que vient de lui réserver le public habituellement très prompt à décerner des ovations de la Place des Arts, pendant un gala Juste pour rire. Dans un autre segment, Virginie Fortin écrase quelques larmes en évoquant une critique sévère à son endroit, parue dans un grand quotidien. Faire rire, ce n'est pas toujours drôle, nous rappelait la deuxième saison de la passionnante série documentaire Les cinq prochains, diffusée sur les ondes d'ARTV le printemps dernier. Visiblement, il faut savoir endurer les avanies de publics dissipés, essuyer de nombreux refus et toujours cent fois sur le métier remettre la même joke, lorsqu'on aspire aux plus grandes scènes. Le quintette de recrues de l'humour regroupant le pamphlétaire Fred Dubé, le gars d'à-côté Pierre-Bruno Rivard, la fausse ingénue Katherine Levac, le boute-en-train Phil et la princesse du sarcasme Virginie présente, mercredi 28 octobre à 20 h au Centre culturel de l'Université de Sherbrooke, le spectacle sur lequel nous les avons vus, au petit écran, suer sang et eau.

Disque

Milk & Bone

Little Mourning, premier album de Milk & Bone paru en mars dernier, dresse l'inventaire de ces petits deuils que l'on tente de traverser avec le plus de dignité possible. « And if you ever feel like leaving her, I'll be here drinking my coconut water », chante le duo formé de Laurence Lafond-Beaulne et de Camille Poliquin dans Coconut Water, suave concoction d'électro-pop éthérée, conjuguant le flegme de celle qui aurait horreur de sembler faible et l'indéniable fragilité de celle qui se meurt de la présence d'un garçon déjà pris. Entre mélancolique onirisme et ivresse du corps de l'autre, désir irrépressible et angoisse d'une éventuelle fin du monde, mélodies satinées et rythmes voluptueux; les deux musiciennes, aperçues aux côtés d'Alex Nevsky, d'Ariane Moffatt ou de David Giguère, figurent la languide trame sonore de nos soirs de solitude comme de nos soirs de fiévreuses étreintes. Vous vous êtes souvent laissés bercer il y a deux décennies par le trip-hop de Portishead et de Massive Attack? Faites connaissance avec leurs dignes héritières samedi 24 octobre à 21 h au Boquébière.

Livre

Le parfum

de la tubéreuse

Le roman oscille entre deux mondes : celui trop durement concret d'un cégep où une professeure peut être remerciée de ses services parce qu'elle a eu l'impudence de participer à une manifestation, et celui d'un bunker bétonné, sorte d'au-delà carcéral où la narratrice sera contrainte d'enseigner la littérature à des étudiants fantômes, douloureusement semblables à ceux qui la foudroyaient jadis de leurs regards apathiques dans sa vraie classe. « Personne ne dit jamais ce que cela fait de parler dans le vide », écrit Élise Turcotte dans Le parfum de la tubéreuse, sépulcral conte dessinant à coups d'oniriques et incandescents traits les contours d'une époque n'entretenant trop souvent que du mépris pour la littérature. Accrochée à son exemplaire de Dialogues en paradis de la Chinoise Can Xue comme à une dernière raison de croire en demain, Irène ne cessera jamais de nourrir une foi en les petites révolutions que peut soulever la poésie dans le coeur de ceux qui la prennent au sérieux. « Quand je lis avec assez de patience, les mots déposent un nouveau parfum sur ma peau », assure-t-elle, en incipit de ce livre adressé à qui rêve encore naïvement d'un monde qu'on ne livrerait pas pieds et poings liés aux implacables lois du marché.

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