Désirs multiples

Grimskunk...

Agrandir

Grimskunk

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

«L'homme de culture doit être un inventeur d'âmes», prétendait Aimé Césaire. On vous laisse méditer là-dessus tout en vous proposant quelques voies culturelles à explorer...

Sortie

Grimskunk et Guérilla

Ils ont été plusieurs à écraser une larme de nostalgie en début d'été lorsque le bâtiment abritant jadis le Graff a enfin été réduit en poussières. Tant de bières y avaient été bues, tant d'amitiés s'y étaient nouées, tant de fois Grimskunk, qui en était presque devenu le groupe maison, a fait l'éloge des vertus pacificatrices de la fumette sur la scène du mythique bar alternatif de Wellington Sud. Parce que tout ne peut pas s'effondrer, les sardoniques moufettes, elles, se tiennent toujours debout 27 ans après leur naissance et pourfendront pour une énième fois les puissants, ce samedi au Théâtre Granada, à l'occasion de la soirée de clôture du festival Sherbrock. Également au programme: Guérilla, déflagrateur groupe rap rock sherbrookois, qui reprend pour la première fois le porte-voix en sol local depuis le début de sa tournée retour, amorcée en juin. Avertissementà Stephen Harper: il est fort probable, monsieur le premier ministre, que vos oreilles sillent, le 19 septembre dès 20h.

Livres

Désirs fous

Mais quelle chose indicible, mais quelle chose douloureuse, mais quelle chose merveilleuse que le désir! Ainsi pourrait-on résumer le premier recueil de poésie de la Sherbrookoise Amélie Aubé-Lanctôt. «[L]es désirs nous pénètrent / inconsolables obscurs // des lèvres / un cri occulte / l'appel // vif», écrit-elle dans une langue doucement rugueuse, qui se réclame en épigraphe du défunt Chaouin Yves Boisvert. Nostalgie d'une enfance perdue et espoir d'être soulagée de la douleur d'exister par un prince charmant se font écho au coeur de ces textes brefs, qui ne semblent savoir offrir de réponse satisfaisante à la question qui les traverse tous: le désir est-il une grâce ou une malédiction? Fidèles à leur amour du livre-objet, les Éditions Fond'Tonnne ont imprimé Désirs fous dans un format improbable, celui d'un paquet de cigarettes, comme pour suggérer que nous prenions tous l'habitude quotidienne d'une pause poésie, lors de laquelle il ferait bon griller quelques vers (plutôt qu'une clope). Lancement le 17 septembre à 17h30 au Boquébière.

Disque

Rosie Valland

Rosie Valland ne s'en cache. Partir avant, son premier album, est la chronique assez fidèle d'un triangle amoureux auquel elle aura préféré s'arracher, plutôt que d'y laisser sa peau. Ces chansons folk et éplorées, confie-t-elle en entrevue, elle les a écrites afin de pouvoir parler à celui à qui elle ne voulait plus parler directement, mais à qui il fallait parler quand même - vous suivez? Avec sa voix éraillée rappelant Salomé Leclerc, ses guitares qui bercent et qui grafignent ainsi qu'un sens de l'hyperbole très findumondesque («Nos voix sont des armes nucléaires»), la finaliste de la plus récente édition des Francouvertes transforme son orgueil blessé en encrier et brandit bien haut sa détresse comme une vétérane de guerre épingle au revers de sa veste une médaille d'honneur. «J'oublie comment me faire aimer», répète-t-elle dans Noyer, et même si ses textes revêtent parfois l'aspect inachevé du journal intime, nous ne pouvons que solennellement nous incliner devant cette survivante qui courageusement se dénude l'âme, tout en nous défiant du regard de celle qui se tient debout, parmi les décombres.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer