La négociation du secteur public selon un vieux modèle

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IMACOM, FRÉDÉRIC CÔTÉ

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Robert Gagné

Dans les années 70, comme plusieurs de mes collègues baby boomers, j'étais dans la rue pour les premières négociations provinciales dans le secteur public. Nous nous battions pour le 100 $ par semaine pour toutes et tous. Notre convention était échue et nous demandions une juste mise à niveau de nos conditions de travail à la fois aux niveaux normatif et salarial.

Le front commun des trois grandes centrales menait une lutte épique afin d'améliorer nos services de santé et d'éducation. Injonctions, lois spéciales, emprisonnement de nos chefs syndicaux, tout y a passé. La Commission Martin-Bouchard (Louis Martin, ancien recteur et Lucien Bouchard, avocat) avait par la suite évalué le bien-fondé d'un pareil exercice national. Le gouvernement était à la fois juge et partie; partie patronale aux tables nationales et législateur au gouvernement. Il avait le gros bout du bâton. Cela n'a pas empêché que nous avons quand même bâti le Québec et l'avons doté d'un filet social convenable.

Plus ça change et plus c'est pareil. Le présent gouvernement invoque l'austérité pour présenter des offres qui viennent sabrer largement dans les programmes existants (santé-éducation et fonction publique) et démolir ce que deux générations ont vigoureusement peiné à mettre en place. Cela n'a pas empêché l'Assemblée nationale de modifier à la hausse les salaires des députés et ministres. Cela n'a pas empêché le présent gouvernement de trouver le 1,3 milliard pour Bombardier et il trouvera les millions requis pour accueillir les réfugiés syriens qui seront sélectionnés pour le Québec.

Curieusement, l'ancien gouvernement Harper s'est fait montrer la porte pour ses coupures dans des secteurs culturels, scientifiques et autres. Le nouveau gouvernement libéral de Justin Trudeau s'est fait élire en annonçant quelques légers déficits. Ce sera singulièrement facile puisque la situation financière au fédéral n'est pas celle qui avait été annoncée par la direction du budget.

Le gouvernement de Philippe Couillard n'avait jamais promis l'austérité dont il s'est fait le chevalier pendant la première année de son mandat. Le discours des compressions pour atteindre rapidement le déficit zéro est contreproductif. Tous les économistes vous confirmeront que ce n'est pas en appauvrissant ses salariés que le gouvernement va relancer l'économie. Il me semblait que cela faisait partie des valeurs libérales.

Les carrières dans le domaine de la santé et de l'éducation sont fragiles. Un fort taux d'abandon est remarquable puisque nos nouveaux jeunes veulent absolument s'assurer une bonne qualité de vie. L'attrait pour ces professions a tendance à diminuer devant le manque de reconnaissance de l'importance de leur travail. Il ne faudrait pas se retrouver avec une pénurie de main-d'oeuvre dans des secteurs publics aussi névralgiques.

Le gouvernement doit réviser ses positions et déposer des propositions qui tiennent compte au minimum de l'augmentation du coût de la vie. Des offres dites finales ne devraient jamais être finales dans un régime de saines négociations. De sérieuses coupures dans la bureaucratie pourraient apporter une bonne marge de manoeuvre afin de faire déboucher la négociation autrement que par un décret ou une loi spéciale. Les syndicats ont reporté des journées de grève en décembre. Une preuve de bonne foi.

Souhaitons que notre gouvernement nous offre un beau cadeau de Noël en mettant tous les efforts pour en arriver à un règlement négocié équitable pour tous.

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