Les âmes grises

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Élise Salaün... (Archives La Tribune, Claude Poulin)

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Élise Salaün

Archives La Tribune, Claude Poulin

 

Élise Salaün

Ce moment de l'année, au creux de l'hiver, convient particulièrement bien au livre dont il sera question cette semaine: Les âmes grises de Philippe Claudel, publié en 2003. L'histoire se passe en France, en 1917, au moment de la Première Guerre mondiale. Une fillette de 10 ans «qui ressemblait à une princesse de conte», surnommée Belle de Jour, est retrouvée morte dans un ruisseau près d'un village de campagne.

À deux pas d'une guerre sans merci où les soldats meurent par milliers, une enfant assassinée représente une sorte de meurtre ultime, symbole d'une humanité sanguinaire et barbare. Or, dans un petit village à l'abri des armes, il s'avère presque impossible pour l'enquêteur de trouver le coupable.

Est-ce le Procureur Destinat qui s'enferme dans son manoir, en deuil insincère de sa femme? Est-ce le juge Mierck, dégoûtant, qui ne pense qu'à s'empiffrer comme si de rien n'était à l'annonce de la mort de la petite fille? Est-ce ce déserteur breton cherchant refuge dans le village qui se fait accuser et avoue le meurtre sous la torture avant de se suicider?

D'une façon troublante, ce livre ressemble à une sombre fin d'hiver, lors de laquelle les paysages paraissent aussi troubles que les émotions.

Les âmes grises

Philippe Claudel

Éditions Stock

2003

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