Quand je vais être grand, je veux être comme eux

Pierre McCann. Va changer le monde. A d'ailleurs... (SPECTRE MÉDIA)

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Pierre McCann. Va changer le monde. A d'ailleurs déjà commencé.

SPECTRE MÉDIA

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Depuis que j'ai appris qu'il n'y aura pas de Nouvelle en 2016, j'en parle pas trop. J'ai mal. J'ai peur de ne pas trouver les mots pour décrire à quel point c'est une perte pour moi, pour ma communauté, pour ma Sherbrooke.

J'ai repensé au courriel que j'ai envoyé à So, la rédac, en vue d'un texte qui est paru dans l'édition du 20 mai 2015. J'avais comme assignation de rencontrer l'auteure sherbrookoise Sophie Jeukens et la néo-Sherbrookoise Mireille Maloula. Elles avaient été jumelées dans le cadre d'un recueil de textes pour le Centre d'éducation populaire de l'Estrie.

Une demi-heure avant l'entrevue avec ces deux femmes formidables, je suis confortablement assis au Kaapeh du centre-ville de Sherbrooke à siroter mon latté devant mon portable. J'en profite pour lire le texte de Sophie, qui décrit sa première rencontre avec Mireille, rue Marquette, lors d'une journée froide d'hiver.

J'ouvre le recueil. Je lis le texte. Je ferme le recueil.

Si l'écriture était une religion, je me définirais comme born again à partir de là. Il me reste du temps avant mon entrevue et j'écris immédiatement un courriel à So. Le voici.

« J'attends Sophie Jeukens et Mireille, sa "pairée" pour le livre. Elles arrivent d'une minute à l'autre.

Je viens de lire son texte, pis j'suis ému. Vraiment. J'en profite pour te dire à quel point je tripe à La Nouvelle. C'est vraiment confrontant d'écrire dans un journal quand t'es pas un auteur ou un journaliste. Mais c'est tripant. Tu me fais confiance, tu me laisses écrire c'que je veux, sans jamais rien à redire. J'ai tellement appris depuis que j'écris avec vous autres. Sur les gens, sur des organismes, sur des sujets tripants, mais surtout sur moi. Je me rends compte que je vaux plus et que j'ai peut-être plus de potentiel que ce je pensais. Pis que, quand tu utilises le vécu, le savoir pis le potentiel des autres comme levier, ben crisse : t'en déplaces des montagnes! Pis tout ça, c'est grâce à toi. Merci. J't'aime. »

C'était vraiment un privilège pour moi d'écrire dans La Nouvelle. J'ai toujours perçu le fait de donner la voix à des gens et à des causes comme un devoir, un honneur, quelque chose de quasiment sacré.

Mais je le faisais avant tout parce que c'était valorisant, enrichissant, passionnant. Quand tes textes sont publiés à côté de ceux d'un Tardif, d'une Grenier, d'un Beaudoin, d'une Ferland, d'un Cadieux (...), t'as pas le choix d'y mettre le paquet, de ré-ré-ré-réécrire ta phrase, de te relire 40 fois. Et quand tu lis leurs chefs-d'oeuvre hebdomadaires, tu t'y abreuves pour que tes textes puissent peut-être un jour être pas trop loin de leur calibre.

Pour 2016, je ne peux pas souhaiter de revivre la même chose. À moins que La Nouvelle revienne grâce à je ne sais quel miracle, je n'oserais pas espérer retrouver quelque chose comme l'année et demie que je viens de passer. C'est trop unique comme expérience.

Je ne peux que souhaiter la meilleure des chances à tous ces gens exceptionnels et ultras talentueux que j'ai eu la chance de passer en entrevue, de rencontrer et de côtoyer. Je tiens surtout à leur dire merci de m'avoir inspiré, de m'avoir fait grandir, d'avoir fait de moi une meilleure personne.

Merci et salut, La Nouvelle!

Pierre McCann

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