La zénitude

Charles Beaudoin. Curieux notoire, traqueur de l'anecdotique, boulimique... (SPECTRE MÉDIA)

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Charles Beaudoin. Curieux notoire, traqueur de l'anecdotique, boulimique d'information et passionné des gens.

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J'ai failli commencer par te souhaiter tout le bonheur que tu veux, mon cher lecteur, mais après y avoir songé plus de deux minutes, je me suis demandé comment je pourrais faire oeuvre utile et t'aider à l'obtenir.

Car s'il y a une bonne part de chance dans le bonheur qui nous incombera l'an prochain, il y a aussi une immense partie dont on est amplement responsable et qu'on tend à oublier en accordant trop d'importance aux fichus irritants de la vie.

J'ai donc décidé d'y aller à l'inverse et de te proposer des trucs qui vont faire en sorte de vivre moins d'amertume et de colère en 2016, une sorte de petit essentiel d'anger management que tu pourras transporter dans la poche arrière de ta mémoire.

D'abord, sur la route, ne perds plus d'énergie pour les gens qui roulent à 30 km/h dans une zone de 50, qui ne mettent pas leur clignotant pour tourner, qui mettent un clignotant et qui ne tournent pas, ou qui prennent deux voies pour le faire même s'ils sont au volant d'une Micra. Concentre-toi sur le conducteur aux mains crispées sur le volant, aux yeux injectés de sang, qui fait du zigzag depuis un bon moment et qui se fait stopper dans son élan par une lumière rouge juste à côté du pépère zen en avant. Demande-toi ce à quoi tu aspires à cet instant.

Tu le sais aussi très bien que quand tu vas aller au Costco, que ce soit un lundi matin, un mardi après-midi ou un dimanche pendant l'heure de la messe, ben ça va être FUCKING plein! Si t'es pas en mesure de te convaincre que tu n'auras pas envie de t'en prendre à la personne qui stationne son panier perpendiculairement à l'allée et qui t'empêche de circuler, évite donc d'y aller.

Si jamais par malheur t'es pris à patienter des heures assis dans la salle d'attente d'un hôpital, essaie d'avoir de l'empathie pour tous ceux qui sont pris pour passer avant toi. Plus ton cas te semble grave, plus tu devrais te considérer chanceux et plutôt te soucier que les gens qui te précèdent n'en ressortent pas.

La prochaine fois que tu iras te cogner le petit orteil sur le coin d'un mur, d'une poubelle ou de tout autre objet QUI FAIT MAL EN CRISSE! VARGE À TA FORCE! Là, il n'y a rien d'autre à faire.

Tu consentiras que ça constitue un faible échantillon de ce qui pourra te faire suer au cours de la prochaine année, et qu'on aurait pu étaler ce papier sur plusieurs pages. Mais je veux surtout que tu retiennes que c'est précisément en diminuant les irritants au possible qu'on va contribuer encore plus à augmenter notre bonheur latent.

Je te souhaite une année pleine de zénitudes, et je te demanderais de tasser ton panier. S'IL TE PLAÎT.

Charles Beaudoin

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