Lutineries

Ça a commencé raide cette année. Les cochonneries de lutins, je veux dire.... (Archives, La Presse)

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Hani Ferland

Ça a commencé raide cette année. Les cochonneries de lutins, je veux dire. Décembre sonnait même pas encore à nos portes que le plus p'tit de mes p'tits était déjà en train d'affuter ses armes les plus vicieuses et ses pièges les plus précis, en étudiant avec minutie les techniques de chasse lutine sur YouTube.

Je m'adresse ici à ceux qui font des vidéos de chasse lutine : VOUS NOUS DONNEZ DU FIL À RETORDRE.

« Calme ton pompon, jeune Loulou », que j'ai dit à mon enfant. « Y a même pas eu de neige encore... Tsé, les lutins, ils aiment la neige. »

Sauf qu'un matin de novembre, la première floconnerie est simili arrivée. Et c'est ainsi qu'on est entrés dans le côté sombre des Fêtes : mon enfant est devenu dingo avec ses histoires de lutins.

Ça a fait boule de neige (hohoho). Mon amie Zabelle a ouvert le bal en invitant mon fils un soir de novembre pour qu'il installe un piège chez elle. Le damné piège a fonctionné sur le champ. ARG. Ensuite, ma mère s'en est mêlée. « Dis à ton plus p'tit que son piège a fonctionné chez nous. Hihihi! »

Hihihi. Ouin. Je riais pas tant. On pouvait tu au moins attendre décembre? Après, c'est les amis de l'école qui se sont mis à attraper des lutins, comme si c'était des poux. CIBOLE. La machine était startée.

À tous les jours, le Loulou décalfeutrait à peine ses yeux qu'il se garrochait avec l'énergie du désespoir inspecter ses pièges. Et qu'à tous les matins, les boîtes restaient vides.

Il laissait des lettres, des biscuits. Si les moufettes et les écureuils engraissaient de belle manière, les lutins se pointaient zéro.

Le Loulou commençait à dépressionner. Les larmes de découragement devenaient chose fréquente : j'étais maintenant aux prises avec un enfant malheureux du torieux devant sa chasse infructueuse.

Pourtant, j'étais parée. Je m'étais procurée la bête d'avance. Je voulais juste attendre décembre. C'était-tu trop demandé d'attendre décembre pour se mettre à capoter avec la magie de Noël?

26 novembre. Mes parents, dans leur grandeur d'âme, proposent de prendre mes p'tits pour le week-end. Je bonheurise devant la possibilité que le silence entre chez nous pour une couple de jours. Mes enfants, ado et préado, sont dans un mood où aller dans le bois courir les salamandres et puffer de l'air sain leur parlent moyen.

C'est là que je décide que le piège à lutin va fonctionner. Au moins, le plus p'tit sera d'humeur joyeuse pour quitter le nid. J'ai comme plan d'attendre qu'il soit couché pour aller planquer le lutin.

Tout va bien jusqu'à ce que je m'étende cinq minutes sur mon lit et que je parte finalement pour la nuit. Un shut down complet de ma personne épuisée par ses 4 jobs.

À 4 h 20 je me réveille en panique : j'ai oublié le damné lutin.

Je me lève. Les chats capotent et pensent que c'est l'heure du mou. Le Namoureux se réveille. Crime que tout le monde est mélangé.

Je sors dans le frette en grelotant. Il fait noir. Il y a des loups. On est dans l'Esss. ET JE NE TROUVE PAS LE PIÈGE.

Je spotte une boîte avec un post-it dedans. BINGO.

J'y installe la bête, je ferme la boîte et je retourne me coucher.

À potron-minet, Loulou se lève. Je fais pareil. Il vise la fenêtre.

Dehors, Éole se déchaine : le contenant s'est ouvert.

« C'est bizarre. Il y a quelque chose de rouge dans la boîte. C'est même pas un piège ça. C'est juste une vieille boîte que j'ai oublié de ramasser. »

Aaaah viarge... Il sort.

Clairons zé trompettes ont résonné ce matin-là alors que le Loulou expérimentait enfin le bonheur.

Maintenant, je vous dis pas le fun que j'ai à détruire ma maison, à faire passer ça sur le dos des lutins et à tout ramasser par la suite.

Ce qu'on ferait pas pour voir nos kids heureux, hein?

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