Amour s.v.p.!

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Hani Ferland

Cette semaine, j'avais dans l'idée d'écrire quelque chose de léger. Un condensé de phrases creuses qui auraient fourni moult risettes et petits bonbons pétillants sur les feelings.

J'avais dans l'envie de vous raconter la fois où, dans un esprit très gonzo, je me suis rendu avec ma Nouaire au Salon de la Femme Pluriel. Je vous aurais rapporté les grandes lignes de notre perception face à cet évènement dans lequel, ma Nouaire et moi, on a cherché à savoir si on était de vraies femmes, nonobstant la biologie de notre genre.

J'avais dans l'idée de faire le keclown sur le dos d'un évènement chérant où la paillette miroitait dans un lustre digne de Dynastie. Un happening dans lequel nous avons tâté des implants mammaires avec stupéfaction, en trouvant ça gore que ce genre de pratique passe désormais comme quelque chose d'anodin dans notre société contemporaine.

J'aurais tout de même terminé ma chronique en avouant avoir été agréablement surprise au final, par l'étendue du pluriel dans la patente, malgré quelques inévitables sujets convenus.

Mais...

Vous décrire mes impressions au salon de la femme, aussi pluriel fut-il, me semble maintenant d'une futilité sans nom.

J'veux dire, après les évènements sanglants de Paris, pourquoi vous raconter de telles conneries? Il se passe des choses graves. Des choses dont je ne comprends pas le sens.

Il y a des gens qui tirent sur d'autres gens, à grands coups de kalachnikov, dans des shows, dans des stades de foot, dans des cafés.

À Paris.

À PARIS.

J'aime Paris. J'ai toujours rêvé de Paris et de ses parures rococo figées dans le temps.

J'ai eu la chance d'y mettre les pieds cette année pour la première fois de ma vie. J'avais probablement l'air d'une gamine éblouie.

Paris c'est du beau. Partout. Du beau. Plein.

Mais aujourd'hui Paris c'est du noir, c'est de la tristesse et de l'incompréhension.

Pour moi, le Bataclan est une salle mythique qui a vu passer une sarabande impressionnante de bons bands. Je me suis toujours dit qu'un jour, oui, un jour, j'irais voir un concert au Bataclan. M'imprégner de son aura.

Maintenant, ce qui popera dans nos mémoires à propos du Bataclan, c'est la fois où Eagles of Death Metal est monté sur scène et qu'on a compté des corps à la fin de la veillée.

Pourtant, Eagles of Death Metal, c'est le bonheur, c'est la joie. C'est Jesse Hughes, son sex appeal et sa moustache. C'est pas la mort, ni la terreur. Que non.

J'ai vu le groupe une fois dans une toute petite salle à Montréal. J'en suis ressortie accoutrée du pire acouphène de toute ma vie. J'avais perdu des fréquences de sons. Du genre que le téléphone sonnait chez moi et que je ne l'entendais même pas. C'est d'ailleurs à la suite de ce show que je traîne toujours des bouchons pour oreilles dans mon sac à main. Mais le spectacle valait tous les acouphènes du monde.

Ainsi, je me dis que si on a entendu les tirs de kalachnikov dans un très bruyant concert de Eagles of Death Metal, c'est que les armes ont résonné salement plus fort que la musique.

Mais, ce serait pas mal plus beau un monde où la musique résonnerait plus fort que les armes.

Aujourd'hui, je souhaitais réellement faire ma comique. Mais y'a des fois où la comique a pas trop le coeur à rire.

Amour s.v.p.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer