Six saucisses!

Six saucisses! C'est plus fort que moi, chaque fois que je commande un déjeuner... (IMACOM, FRÉDÉRIC CÔTÉ)

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IMACOM, FRÉDÉRIC CÔTÉ

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Six saucisses! C'est plus fort que moi, chaque fois que je commande un déjeuner au restaurant : oeufs tournés, pain brun, pas de bacon ni jambon, mais six saucisses, six saucisses... que je continue ensuite à dire, au grand désarroi de ma blonde qui ne comprend pas le fun noir que j'ai à répéter inlassablement les deux mêmes mots, qui recèlent à mon sens une immense poésie dans sa sonorité itérative.

Six sau-cisses!

Je digresse. Là où je veux en venir, c'est que si t'es du genre à faire comme moi et à sélectionner un plat en fonction de la quantité de viande qu'il comprend pour accompagner tes oeufs et tes patates, t'as sûrement pas passé une bonne journée lundi.

En se basant sur plus de 800 études, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui fait partie de l'Organisation mondiale de la santé, a alors classé la viande transformée, et plus spécifiquement la charcuterie, dans la catégorie des agents « cancérogènes pour l'homme », tandis que les viandes rouges, ce qui comprend le porc et le veau, toujours selon le CIRC, ont été classées comme « probablement cancérogènes ».

J'aime bien le poulet et le poisson, mais rien ne se compare à la salive qui envahit l'intérieur de mes gencives à la vue d'un beau morceau de viande rouge. Saignant, s'il vous plaît.

Or, on apprend que chaque portion de 50 grammes de viande transformée consommée tous les jours augmente le risque de cancer colorectal de 18 %, tandis que le risque de cancer colorectal pourrait augmenter de 17 % pour chaque portion de 100 grammes de viande consommée par jour.

Six sau-... :(

Moi qui change souvent mes bines pour une deuxième portion de cretons, j'ai failli rester avec une syllabe coincée dans le fond de la gorge.

Amis carnivores, nos vies seraient en danger.

Devons-nous arrêter pour autant de nous délecter des filets mignons nappés d'une sauce onctueuse, des rôtis juteux ou de la tendresse des côtes levées? Pas vraiment.

On ne badine pas avec le cancer, et ce qui me dérange avec ce genre d'études alarmantes, c'est qu'on en revient toujours au même constat; soit celui de prôner la modération.

L'alcool, les sucres, l'aspartame, les différents gras, le soja, la viande rouge, le porc, le sel, etc. « Ça ne veut pas dire que vous devez arrêter d'en prendre. MAIS. »

Mais est-ce qu'on ne dit pas la même chose de tout aliment que nous consommons, justement?

Si je me fie à la récente étude du CIRC, j'ai le sentiment que je devrais déjà avoir succombé à cause de ma nourriture depuis quelques années déjà. 18 % plus de risques, certes, mais par rapport à quoi? Mettons que j'aurais 5 % de chance de l'avoir, le cancer, je serais rendu à 5,9 %.

Je ne veux pas banaliser ce genre d'études, que je respecte foncièrement, mais malheureusement, personne ne peut encore asseoir au banc des accusés un aliment précis qui serait responsable de la principale cause de décès au Canada, qui emportera encore 76 000 personnes cette année selon la Société canadienne du cancer. En plus de ce que tu mets dans ton assiette, beaucoup d'autres facteurs, comme le stress ou l'hérédité, entrent en ligne de compte, et n'en déplaise aux végétariens, il n'est pas assuré qu'alimenter la planète strictement en légumes, fruits, grains ou légumineuses serait préférable pour sa santé.

Comme dans le garde-manger, il faut donc en prendre et en laisser avec les affirmations du CIRC. L'important demeure d'avoir du plaisir à se nourrir et de respecter son corps sur ce qu'il peut assimiler.

Une bonne vieille recette.

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