Des suçons et des ballons

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Patrick Mahony

Je trouve absolument délicieux d'entendre les manifestants se plaindre et se surprendre de la violence des policiers.

Bon, j'exclus la pauvre Naomie Tremblay-Trudeau qui s'est fait tirer dans la face par un abruti. Mais les autres qui se plaignent de coups de matraque et de gaz lacrymogène, je ne vous comprends pas. En fait, vous vous attendiez à quoi? Des suçons et des ballons? C'est une manifestation!

Vous bousculez l'ordre social et tentez tant bien que mal de faire valoir un point qui est à l'encontre du pouvoir en place. Et le pouvoir en place, il n'aime pas ça, faque il vous envoie ses chiens, chars, policiers, matraques et gaz lacrymogènes pour vous fermer la gueule. Ça fait partie de la game.

Vous ne voulez pas vous faire bûcher dessus, restez chez vous, sinon encaissez sans broncher et recommencez le lendemain.

Les manifestations pacifiques et non violentes n'existent que chez ceux qui n'ont pas les armes ou les moyens de se défendre.

D'un côté, on transporte des drapeaux, des affiches avec de beaux slogans et bien de l'espoir, tandis que de l'autre, ils sont casqués, armés et payés pour obéir aux ordres. C'est comme ça depuis des siècles et ça va le demeurer pour un long moment.

Faque, si vous voulez aller manifester, ne vous plaignez pas des coups et des bosses. C'est ça la vraie vie les amis. On fait chier le pouvoir, il nous tape dessous le plus fort qu'il peut, de toutes les façons qu'il peut. Arrêtez de râler. Vous faites tellement « enfants de la réforme ».

Ça doit être toute une surprise de constater que tout le monde n'est pas égal, que tout le monde n'est pas gentil et que tout le monde n'est pas fin. Y'a des bons et des méchants, des forts et des faibles, pis quand on est du côté des faibles, on se fait varger dessus par les forts. Ça ne veut pas dire pour autant qu'il faut lâcher, il faut juste apprendre à encaisser.

Ce qui m'étonne, c'est qu'à peu près tout le monde dans la fonction publique et parapublique au Québec, policiers inclus, est furieux contre le gouvernement Couillard. Au lieu de regarder les étudiants faire les fous dans les rues et les classes de Montréal et Québec, ce serait vraiment plaisant de voir tous ceux qui ont une dent contre le gouvernement d'Austère Couillard se soulever en même temps.

J'espère que c'est ce que planifient les grandes centrales syndicales pour l'automne. Un mouvement de grève générale qui paralysera la province. Je ne suis pas un gauchiste endurci, mais j'aime bien quand le peuple se lève, ne serait-ce que pour l'exercice de se soulever et marcher ensemble.

Vous savez, moi, l'exercice et les saines habitudes de vie, je suis pour. En plus, la marche est une superbe façon de retrouver et garder la forme. Et, avec l'effet de groupe, c'est une excellente façon de garder la motivation nécessaire pour continuer jusqu'à ce qu'on ait atteint son objectif...

Si, lors de ce soulèvement automnal, les policiers demeuraient les bras croisés pendant que les étudiants et autres membres de la fonction publique débrayent et manifestent, en moins de deux semaines le gouvernement serait à genoux et plierait (encore) sous la pression populaire. Pour les policiers, ça serait une belle façon de protester contre les coupes dans leurs fonds de pension.

Dans ce scénario idyllique, les faibles deviendraient les forts, le peuple, malgré le peu de moyens à sa disposition, rétablirait le rapport de force avec un gouvernement majoritaire qui ne semble pas enclin à écouter ses doléances... sauf pour les 35 jours de campagne où il lui dit tout ce qu'il veut entendre avant de faire à sa tête une fois au pouvoir.

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