Santé!

Difficile à croire avec son air de Shining,... (Autoportrait Charles Beaudoin)

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Difficile à croire avec son air de Shining, mais Charles vous souhaite la santé pour passer à la nouvelle année!

Autoportrait Charles Beaudoin

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Au moment de publier cette chronique, ce sera la veille de Noël. Normalement, le 24 au soir, on se regroupe du côté de ma blonde; on mange de la raclette pendant un bon bout de temps, on boit quelques coupes de vin, mon beau-père insiste pour que sa fille, et personne d'autre, lui prépare un drink. Après le souper, on va se servir du dessert. Mon beau-frère, pragmatique, va proposer qu'on mange le gâteau en même temps qu'on s'installe près du sapin et qu'on s'échange nos cadeaux. Son père va mettre la musique trop forte et on va lui répéter deux ou trois fois de baisser le volume.

Il va déjà être pas mal tard.

Chaque année, on se promet que l'an prochain on commencera à déballer les cadeaux plus tôt, parce qu'on est toujours tannés au moment de s'offrir les derniers.

Les « merci » sont beaucoup moins enthousiastes. On finit par se dire qu'on va se donner deux becs à la fin au lieu de se lever chaque fois. On doit réveiller constamment ma belle-soeur et ma belle-mère, qui dorment comme des bûches, pour leur dire ce qu'elles ont reçu.

C'est toujours la même histoire, mais c'est une histoire qu'on aime répéter.

Tellement, que le lendemain matin on va retourner chez ces mêmes beaux-parents pour déjeuner. La mère à Val, bien réveillée cette fois, va nous répéter ad nauseam qu'elle a conservé tous les reçus au cas où on n'aimerait pas ce qu'elle nous a donné, ce qui n'est jamais arrivé.

Au cours des prochains jours, ce sera au tour de ma famille.

Lors de tous ces rassemblements, on va se souhaiter que nos rêves deviennent un peu plus réalité, on va refaire le monde après avoir parlé des politiques d'austérité du gouvernement, mais surtout, on va se souhaiter la santé, parce que c'est le plus important.

Normalement, j'aurais écrit la même chronique, mais avec le ton du gars légèrement détaché qui tient bien malgré lui ces moments en famille un peu pour acquis.

C'était avant que mon père ne passe chez moi et m'apprenne que sa soeur, ma tante Huguette, avait dû être opérée d'urgence et qu'elle devra rester plusieurs semaines à l'hôpital.

Ça m'a fait un choc. On a parfois l'impression que nos proches sont intouchables, voire immuables.

Quand j'avais environ 12 ans, ma tante Huguette et mon oncle Roland m'avaient emmené au Festival de la patate country de Saint-Amable.

C'était incroyable. En plus de me sentir totalement bohème à loger dans une roulotte, je passais ma journée à virer dans des manèges. Le soir, il y avait des galas de lutte. Le dimanche, j'ai pu assister à un derby de démolition de voiture. J'ai également ramené une blague salace, racontée par un animateur de tire de chevaux, dont mon père me parle encore aujourd'hui. Chaque fois, ça le fait bien rire.

Ces trois jours à Saint-Amable font partie sans aucun doute de mes meilleurs souvenirs d'enfance.

Par la suite, quand je rencontrais tante Huguette au fil des ans, c'est comme si le temps n'avait aucune emprise sur elle, contrairement à moi qui, si je me fie à ce qu'elle me disait, continuais de grandir à presque 30 ans.

C'est un peu innocent vous me direz, mais au fond de moi, quand je l'ai visitée à l'hôpital, je croyais retrouver la même tante qui me demande à 12 ans si je me suis bien amusé.

Ça me fait réaliser que même si on prononce chaque année des souhaits éculés, on ne réalise pas la chance qu'on a de pouvoir ainsi se rassembler pour en parler.

J'ai plusieurs beaux souvenirs de famille en mémoire, je m'arrête que trop rarement à les apprécier à leur juste valeur et à avoir hâte aux suivants.

Pour Noël et le réveillon du jour de l'An, mais aussi pour les jours où on se dit qu'on a trop de soupers, de veillées, pis qu'on a donc ben de la misère à être tranquille finalement, je vous demande d'avoir une petite pensée pour ma tante Huguette, et tous ceux et celles qui doivent en être privés parce qu'ils doivent recevoir des soins hospitaliers.

Et qu'on leur souhaite la santé, c'est le plus important.

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