J'haïs les bonbons

Je n'ai jamais aimé les bonbons. J'ai mangé quelques petites framboises ici,... (ARCHIVES LA NOUVELLE)

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Je n'ai jamais aimé les bonbons. J'ai mangé quelques petites framboises ici, des gummy bear par là, mais en général, les bonbons, c'est non.

Ça ne m'a jamais empêché d'apprécier un max l'Halloween, en particulier à cause des rituels qui entourent systématiquement la fête des monstres chaque année.

Parce qu'il y a un avant, un pendant et un après 31 octobre qui te permet d'étirer le plaisir comme de la tire.

Mais avant d'en arriver là, tu dois d'abord traverser l'initiation. C'est simple, si on ne t'a jamais dessiné des moustaches à côté du nez, tu n'as jamais été initié. L'initiation, c'est le moment où t'as entre deux et huit ans et que ce sont tes parents qui choisissent ton déguisement. Ton territoire de prospection se limite bien souvent à ton quartier et aux membres de ta famille, qui sont trop heureux de te voir transformé en p'tit minet ou autre animal cute, p'tite princesse, p'tit superhéros ou p'tit pirate pour l'occasion. L'initiation, c'est une douce période d'illusions où t'as l'impression que tout le monde chez qui tu vas aller cogner va te donner un immense sac bien garni avec ton nom dessus, mais c'est aussi la période où t'as vraiment chaud, parce que tes parents t'ont mis ton suit d'hiver en dessous de ton costume.

Après avoir passé à travers ce rite initiatique, le vrai fun peut commencer. Tu gagnes en autonomie et tu peux faire des razzias « nocturnes » en compagnie de tes amis, et non pas avec ta petite soeur que tu dois initier à ton tour en la montrant à tes tantes, qui ne sont pas du tout émues que tu sois devenu un ninja.

C'est le moment où tu dois te préparer à assurer toi-même ta sécurité, parce qu'on te fait réaliser que le monde est rempli de dangers; qu'ont te fait comprendre que :

- dans chaque voiture stationnée à l'écart se cache potentiellement un malfrat prêt à te demander de monter à bord en retour d'une poignée de bonbons.

- des aiguilles peuvent avoir été dissimulées dans tes friandises.

- les masques peuvent se refermer sur leur porteur, prêt à étouffer quiconque aurait eu l'audace de le revêtir trop longtemps.

- tu peux te faire frapper par une voiture si t'es pas trop voyant.

Si t'es au courant de ces règles de base, tu devrais normalement t'en tirer. T'es prêt à sortir et ramasser LE PLUS POSSIBLE, LE PLUS VITE POSSIBLE, pour éviter de te présenter chez des gens qui ont déjà tout distribué.

C'est là que l'expérience embarque, car plus tu vieillis, plus t'accumules des renseignements qui te permettent de peaufiner des stratégies afin d'obtenir un maximum de cochonneries au cours du seul soir de l'année où c'est totalement admis.

Quand t'es un vétéran de l'Halloween, tu sais où se trouvent les quartiers cheaps où les gens font semblant de manquer d'électricité pour ne pas que tu sois tenté de les déranger. Plus que tout, tu sais éviter les maudits fatigants qui te demandent de chanter une chanson pour obtenir ton dû. Non seulement c'est royalement chiant, mais tu perds un précieux temps qui t'éloigne de ton objectif.

Quand la récolte est terminée, c'est le temps de trier. Tu ne peux pas attendre au lendemain, parce que le 1er novembre, c'est l'ouverture du marché des échanges!

Je n'ai jamais aimé les bonbons, mais j'ai rapidement compris que si je voulais augmenter ma pile de mini-barres de chocolat, je devais m'assurer d'en avoir comptant. Il faut aussi cibler le marché; savoir qu'un suçon rouge vaut plus qu'un jaune, q'une Crispy crunch vaut plus qu'une Kit kat.

Et si t'es rendu un Halloweeneu de niveau 99, t'as repéré depuis longtemps la seule personne de l'entourage qui aime les foutus Kiss à l'érable ou à la mélasse. C'est la première personne que tu dois aller voir, parce que c'est la seule qui va accepter de te donner de quoi en retour d'une matière brune et collante.

Tu penses que l'Halloween est finie après ça? Détrompe-toi, tu vas quand même avoir des restants pendant un an.

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