J'me peux plus du documentaire sur Corno

Johanne Corneau, alias Corno... (Archives, La Presse)

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Johanne Corneau, alias Corno

Archives, La Presse

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Hani Ferland

Bon, je débute en vous avouant que j'me peux très bien en fait. J'arrache pas mon linge ni rien, mais disons que j'ai trouvé la patente fort intéressante.

Produit par Aetios et réalisé par Guy Édoin, Corno est un documentaire qui nous plonge dans l'univers de l'artiste peintre Johanne Corneau alias Corno établie à New York depuis 20 ans. Un docuréalité où la caméra s'infiltre au coeur des 60 jours précédant une exposition à Soho.

Par le biais de l'expo est présentée la genèse artistique de cette femme forte et indépendante; de ses débuts à Chicoutimi à son statut d'artiste reconnue internationalement.

Au-delà des oeuvres, c'est l'aspect humain qui ressort fort de l'ensemble. Est-ce que les sacrifices les enfants, la famille, l'amitié en valaient la peine? J'avoue ignorer encore la réponse.

Si Corno se présente à 60 ans comme une peintre ayant réussi le pari de vivre de son art, je n'ai pas l'impression d'avoir vu une femme si épanouie. J'ai vu une femme qui a réussi, certes, mais de laquelle émanent une certaine morosité et une profonde solitude. Car même si ses toiles se vendent bien, Corno ne recherche au fond qu'une tape dans le dos accompagnée d'un wow bien senti à la vue de son travail. Et ça n'arrive pas toujours. On le réalise pleinement lorsque les photographes quittent l'atelier après un shooting pour le catalogue de l'exposition : Corno est bouleversée parce que personne n'aura réagi devant ses toiles.

« C'est pas des moments nécessairement faciles, avouera-t-elle, déçue. J'pense que quand t'es peintre, t'es... [très long silence émotif, un sanglot ravalé]... t'es tout seul », laissera-t-elle échapper. « C'est jamais facile. C'est extraordinaire, mais c'est dur. »

Outre le parcours de Corno, on se questionne sur la valeur de l'art. Au sens figuré comme au sens propre.

Parce que les oeuvres de Corno sont contestées. Le documentaire donne d'ailleurs une place aux critiques. On reproche à la peintre de servir toujours la même sauce, son manque de vision. Corno en est bien consciente.

« La personne qui me critique le plus, c'est moi. [] Vous m'haïssez, vous trouvez que je fais de la marde ben good luck parce que Bibi ici, moi, je suis la pire critique au monde. La journée où je serai contente, j'arrêterai de peindre probablement », dira-t-elle, l'émotion au fond de la gorge, la prunelle vers le sol.

On la verra travailler, le coup de pinceau vif et attaquant. Jamais d'hésitation dans son geste. On la verra vulnérable et mal à l'aise lors de son vernissage. On la verra aussi détruire une toile avec fougue, à grands coups de lame. Pas le choix sinon certains les récupèrent aux ordures pour les revendre sur la rue. Et même si les oeuvres pour cette expo coûtent entre 20 000 $ et 45 000 $, elles trouveront preneurs en l'espace d'une semaine. Critiquée, Corno l'est, mais elle vend, il ne fait nul doute.

Au final, on verra une Johanne Corneau libre et profondément amoureuse de son travail. Et ce qui me plait chez elle, c'est son je-m'en-foutisme franc par rapport aux critiques. Elle vit de son art et fait ce qui lui plait. Malgré la solitude qui pèse parfois lourd.

(À voir sur ici.tou.tv)

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