J'me peux plus de Simon Gauthier

Simon Gauthier...

Agrandir

Simon Gauthier

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Camélia Handfield

Quand on me raconte des histoires, j'me peux plus. Ça me met le bourdonnement ordinaire du quotidien en sourdine, ça me fait festivement vibrer l'imaginaire et la soirée canadienne intérieure.

J'ai découvert Simon Gauthier un peu loin d'ici, au Centre d'interprétation des mammifères marins de Tadoussac. Dans le Jardin de la grève, le conteur natif de Sept-Îles professait un cours de chant de baleine - de rorquals à bosses, pour être plus précise. C'est là qu'il a raconté de façon étonnamment touchante et drôle une histoire d'amour, on peut appeler ça comme ça pour être poli, impliquant un mâle alpha et ses acolytes migrés dans les Caraïbes, des chansons à réponses et des femelles envoutées. Il ponctuait son récit d'envolées de baleinophone, instrument cylindrique de son invention qui reproduit l'écho des profondeurs sous-marines, et les spectateurs tentaient, armés du même objet, de répéter la magie.

La suite des événements démontra le call de la baleine nouvellement acquis assez efficace. D'une part, pour préserver notre espace intime sur le traversier qui nous menait à Trois-Pistoles, les individus de l'espèce humaine n'étant vraisemblablement pas attirés par l'appel. D'autre part, pour caller le cétacé en vrai : approximativement cinq minutes après le début de nos chants, une majestueuse baleine bleue nous exposa à tribord sa nageoire dorsale tout en expulsant une gerbe d'eau de son trou de fontaine. Une apparition chaque fois spectaculaire, tellement que le capitaine est sorti sur le pont pour observer l'animal batifoler de plus près, laissant ainsi libre cours aux présomptions de fiabilité du cruise control de l'embarquement. Tout ça, grâce à Simon Gauthier.

Qui vient faire son tour au festival Les jours sont contés, donner un coup de frais aux souvenirs d'air salin avec son spectacle Corne de brume, une épopée du fleuve narrée tout en gestes et en musique. Parce que le grand parleur s'accompagne le plus souvent d'instruments improbables comme le célestium, sorte de longue flûte à bougie, et le «whirly tube», qu'on pourrait librement traduire par «tube tourbillonnant», un tuyau à faire tourner au dessus de sa tête comme un lasso et dont la note émise change selon la vitesse de rotation.

Du musicien, on connaît surtout les talents de lamiste : l'envie de jouer de la scie musicale lui a pris pendant l'écoute, dans le film culte Delicatessen, du mémorable duo pour violoncelle et égouine. Lui-même raconte à la manière d'un grand instrument vibrant des enchaînements d'images et de jeux de paroles.

En plus de Corne de brume à Sherbrooke le 23 octobre, Simon Gauthier présentera son spectacle pour enfants Faut pas le dire! à Coaticook le 25 et participera au 5@7 et au spectacle de clôture du festival le 26.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer