On était là, à se raconter notre journée en retournant la terre un peu mais pas trop pis en remplissant la brouette de mauvaises herbes, pis je me disais que c'était la totale. Mais juste pour me faire mentir, les carouges pis les grenouilles se sont lancés dans un concert de m'as-tu vu incroyable. Me suis dit, wow, des fois, même quand tu pensais que c'était ça, ben ça peut encore être mieux.
Pis naturellement, dans le silence qui s'installe souvent quand t'as les mains dans la terre, je me suis rappelée aussi que ça pouvait tourner en un quart de seconde. Que la vie est belle jusqu'à ce qu'elle semble vouloir t'échapper un peu. Pas eu besoin d'aller chercher bien loin. Discussion autour d'un photocopieur avec l'hyperactive, courriel à tous du bonhomme sourire, l'un et l'autre avaient de la mauvaise nouvelle en partage, leur vie venait de chavirer, de se fragiliser un peu plus. La maladie qui se pointe, c'est le doute qui botte le cul de l'insouciance. Tiens ma sacrement.
Mais je voulais pas parler de ça dans ma chronique de cette semaine. De la fragilité, du doute, pis de tout ça, je veux dire.
Non, moi je voulais vous répéter que c'est le jour de la Terre, dimanche, pis que pour l'occasion ça se rassemble à Montréal, mais aussi à Sherbrooke, juste par désir de se rappeler un peu à l'ordre de la vie, de ce qu'on en veut pis de ce qu'on veut faire de la terre sur laquelle on la vit cette fameuse vie-là.
Mais naturellement, pis c'est pas juste dans le choix des mots, ben je reviens toujours vers la vie, sur la vie, dans la vie. Ça me ramène autour du photocopieur. Pis dans le courriel de lundi matin. La vie, c'est un curieux mélange de plaisirs, de découvertes, d'apprentissages, d'obstacles, de petites batailles pis de grands combats, de tristesses pis de bonheur total, d'amour et de déceptions, de rêves, de projets, de réalisations. La vie est là avec toutes ses occasions de dire qui on est, ce qu'on rêve, ce qu'on aime, ce qu'on veut pis ce qu'on veut être.
J'étais assise dans le jardin, les mains dans la terre, à écouter le concert des carouges pis des grenouilles, l'amour de ma vie à mes côtés, pis je me disais qu'on ne savait jamais ce que l'avenir allait nous proposer. Et que du coup, juste pour pas lui laisser trop de marge de manoeuvre, valait peut-être mieux lui faire ses propres propositions...
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