Prolonger le plaisir du hockey

Camille Dauphinais-Pelletier est journaliste, créative 24 heures sur 24,... (ARCHIVES LA NOUVELLE)

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Camille Dauphinais-Pelletier est journaliste, créative 24 heures sur 24, amateure de bulles et d'histoires dessinées. Et comme elle est généreuse de ses découvertes, elle avait ceci pour vous...

Essex County

Jeff Lemire

Top Shelf Productions

509 pages

La fièvre des séries se transforme souvent en désintérêt généralisé pour le hockey chaque année lors de l'élimination des Canadiens.

Une bonne façon de réintégrer ce sport à sa vie ces temps-ci? Lire la bande dessinée Essex County (traduction française disponible chez Futuropolis), de Jeff Lemire.

On vous prévient tout de suite : le climat est lourd, dans cette anthologie qui réunit trois récits qui s'entrecroisent (Tales From the Farm, Ghost Stories et The Country Nurse). L'auteur y retrace l'histoire d'une lignée installée dans un village agricole ontarien, avec son lot de secrets de famille et de non-dits.

La solitude fait partie des thèmes centraux de cette bande dessinée, qu'elle soit ressentie en plein travail sur une ferme isolée dans la plaine, ou encore dans une Toronto si grouillante de monde qu'on en oublie soi-même qu'on existe.

Mais à travers cette solitude, à travers les abandons et les trahisons aussi, la lumière finit parfois par filtrer dans la saga de la famille Lebeuf. Et c'est presque toujours sous la forme du hockey qu'elle arrive.

Le hockey, seul lien unissant un homme à son neveu qu'il est bien forcé d'adopter une fois que celui-ci devient orphelin.

Le hockey, porte d'entrée sur une vie de souvenirs pour un vieil homme dont les pertes de mémoire sont de plus en plus fréquentes.

Le hockey, projet commun unissant deux frères, qui se perdent de vue lorsqu'ils restent trop longtemps loin d'une glace.

Attention : Essex County n'est pas non plus un revigorant hymne au hockey. Les anecdotes sportives y sont plutôt utilisées comme une façon de s'exprimer presque métaphorique, traduisant une traditionnelle pudeur face aux émotions.

Mais le lecteur n'est pas dupe; on sait bien que quand on se donne la peine, on peut raconter beaucoup plus qu'un but en racontant un but. Et l'auteur canadien se donne évidemment cette peine.

Un mot au passage sur le style graphique qui sied à merveille à l'histoire : un noir et blanc sobre comme le monde qu'il représente, des personnages aux visages presque déformés par la vie et au moins une dizaine de cases magistrales qui valent vraiment les proverbiaux mille mots qu'on attribue aux images.

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