Donner son 90%

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Françoise Sagan

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L'éditeur Pierre Tisseyre soulignait, dans son livre sur l'art d'écrire, que le processus créatif littéraire est généralement fait de 10 % de talent, et de 90 % d'efforts. Qu'il faut donc besogner cent fois sur le métier avant d'arriver à un résultat acceptable. Mais dans certains cas très rares, l'homme de lettres souligne que la proportion est inversée, et qu'un écrivain arrive à percer avec 10 % d'efforts, et 90 % de talent. Le premier exemple cité par Tyssere était Françoise Sagan, avec son magnifique Bonjour tristesse (1954).

Ce livre est une perle qui n'a rien perdu de son éclat ni de son actualité, plus de cinquante années après sa parution. L'élégance du verbe, le rythme, la musicalité des phrases; on reste admiratif devant la virtuosité de cette jeune femme, qui n'avait que 18 ans au moment de la publication.

Et l'histoire, intemporelle, captive et passionne encore de nos jours : la jeune Cécile, en vacances sur la Côte d'Azur, n'accepte pas la nouvelle flamme entrée dans la vie de son père. Ce dernier, un homme volage aux fréquentes amours de passage, menait sa vie avec une insouciance et une légèreté qui plaisait à son adolescente. Leur existence était jusque-là frivole et amusante. Or, le vent semble vouloir tourner. Le désir brûlant a fait place à l'amour profond, et le mariage n'est plus une option dont on se moque entre deux verres de vin. La nouvelle dame de la maison a bon espoir de changer bien les choses...

« Il n'y a que nous deux de vivants et elle va se glisser entre nous avec sa tranquillité, elle va se réchauffer, nous prendre peu à peu notre bonne chaleur insouciante, elle va nous voler tout. »

Petit à petit, Cécile va échafauder un plan machiavélique afin de semer la zizanie au coeur de la nouvelle union. Sa froideur adolescente, son absence de scrupule et sa terrible imagination font de la jeune femme (ironiquement) un personnage très humain. Elle craint de perdre ses repères, ses acquis, et affiche une solide résistance au changement. Comme bien des gens, en somme. Inutile de préciser que l'histoire finira mal, dans la douleur et la souffrance, qui sont le lot de tant d'histoires intimes. C'est pour cette raison que Bonjour tristesse est toujours pertinent à notre époque. Parce qu'il est question du coeur, de jalousie, d'envie. Mais aussi d'amour.

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