Souvenirs de Séguin

Je suis un enfant des années 70. Donc, un ado des années 80. La semaine... (ARCHIVES LA NOUVELLE)

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Je suis un enfant des années 70. Donc, un ado des années 80. La semaine dernière, la radio diffusait un vieux succès de Richard Séguin, J'te cherche partout. Au son des riffs de guitare et de la voix exceptionnelle de l'interprète, je me suis souvenu comment les artistes francophones québécois étaient peu nombreux à ressortir du lot pendant ces années creuses pour la chanson d'ici.

Déprime post-référendaire, désaffection des jeunes pour une culture qui semblait se diriger vers l'assimilation, émergence des tendances individualistes; ce contexte social particulier n'a clairement pas favorisé la création made in Québec. Pourtant, plusieurs des voix de cette époque peu fertile ont réussi à traverser l'épreuve du temps. Richard Séguin est de ceux-là.

L'album Double vie (1986) fut un triomphe pour l'artiste de Saint-Venant-de-Paquette. Gagnant des Félix d'auteur-compositeur de l'année et d'album rock de l'année, Richard Séguin a vraiment jeté avec ce microsillon les bases du son qu'il allait faire sien pour les années à venir. Avec des guitares électriques au premier plan, un folk rock à la sauce américaine et des structures mélodiques parfaites pour les formats des radios commerciales, ce 33 tours a su séduire tous les publics. Des classiques comme Gentil Gentil, J'te cherche partout, Double vie et l'émouvant La raffinerie détonnaient d'avec les chansons de son album précédent, Trace et contraste. Celui-ci datait de 1980 et se présentait plus comme une oeuvre de la fin des années 70, avec des relents du style Fiori peace and love. Plus de cinq années séparent les deux projets et l'évolution du son Séguin est on ne peut plus évidente. Par contre, les thèmes chers à celui qui fait aussi dans la gravure demeurent, malgré le changement d'époque; l'engagement social, les difficultés amoureuses, le rapport à l'argent, tout y est encore finement évoqué. Toujours avec sensibilité et vérité.

Quand j'ai entendu Séguin à la radio la semaine dernière, je me suis surpris à me revoir adolescent, couché dans ma chambre, à écouter la radio en espérant que mes succès préférés finissent par être diffusés. Et le bonheur que je ressentais lorsque les premières mesures sortaient des haut-parleurs de mon radio-cassette m'est aussi revenu, émotion vive qui n'avait pas d'égale à l'époque. En visitant le site web de Richard Séguin ce week-end, j'ai noté cette phrase sur la page d'accueil :

"La chanson, c'est la plus fidèle des compagnes de notre histoire personnelle et collective". C'était vrai en 1986, ça l'est toujours en 2015.

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