El Patron

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C'était dans les années 90, au Cégep de Jonquière, dans un cours d'actualité internationale. Le professeur nous parlait d'un célèbre trafiquant de drogue d'Amérique latine qui avait tenté de se présenter en politique. Recevant les journalistes à son immense domaine, la Hacienda Napoles, le gangster s'entretenait candidement avec la presse. Quand un reporter lui demanda pourquoi il avait installé un petit avion sur le dessus de l'arche à l'entrée, l'homme répondit en souriant : c'est cet appareil qui m'a fait gagner mon premier million de dollars... Le trafiquant, c'était Pablo Escobar, célèbre baron de la drogue colombien. Narcos, série télé produite par Netflix, porte sur sa vie mouvementée.

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Escobar

Escobar est un des plus grands criminels du XXe siècle. On lui attribue de nombreux assassinats et attentats qui ont fait des milliers de victimes. À une certaine époque, il récompensait grassement ses hommes de main, les sanguinaires Sicarios, qui arrivaient à tuer des policiers. Plus de 600 d'entre eux sont morts ainsi.

El Patron, comme on le surnommait, était aussi cruel que puissant, même s'il préférait la négociation à l'affrontement. Cet aspect calme et posé de l'homme est d'ailleurs bien illustré dans Narcos. On évoque aussi sa générosité (réelle) envers les pauvres de Colombie. Escobar faisait construire des terrains de soccer, des résidences, des écoles, des hôpitaux pour les plus miséreux. Cela a contribué à forger sa légende d'homme bon auprès d'une certaine partie de la population de Medellín, entre autres.

Au cours de leurs meilleures années, les hommes de Pablo Escobar pouvaient ramener 60 millions de dollars PAR JOUR de recettes en vente de drogue. Ils avaient tellement d'argent qu'ils ne savaient plus où cacher les billets. Ils en dissimulaient partout; dans les toitures des résidences qu'ils possédaient, dans les meubles, les sofas, dans des entrepôts, même sous la terre! Escobar achetait d'immenses terrains et faisait creuser des caches où on déposait des millions en argent liquide. En 1989, le magazine Forbes classa Escobar au septième rang des hommes les plus riches de la planète. Au cours de sa carrière, on estime qu'il a amassé près de 40 milliards de dollars.

Narcos, mélange de fiction et de réalité, est habilement construit et interprété. Au coeur de l'action se trouvent deux agents américains de la DEA (Drug Enforcement Administration) qui ont réellement existé et qui ont chassé Escobar pendant de nombreuses années.

La grande qualité de la série est qu'elle présente une perspective inversée de la guerre à la drogue pour le public nord-américain que nous sommes. Le point de vue est colombien, le drame est colombien et la solution sera forcément colombienne. La présence états-unienne en Amérique latine, bien qu'appréciée par moments, n'en est pas moins considérée comme intrusive par les autorités. Ça change des discours unidimensionnels habituels. Et pour la petite histoire, même si les producteurs savaient le public des États-Unis allergique aux sous-titres, ils ont choisi de tourner Narcos principalement en espagnol lorsque les Colombiens échangent entre eux. Une belle démonstration d'indépendance qui donne à la série un cachet unique.

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