Marlon Brandeau

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Pour chacun des titres, on a droit à des centaines de photos, des anecdotes de tournage, des révélations sur un acteur ou un réalisateur. Pour moins de dix dollars, la collection J'ai lu cinéma nous plonge dans la vie souvent mouvementée des grands personnages de l'histoire du septième art. Et c'est franchement passionnant. Jean Gabin, Grace Kelly, Clint Eastwood, Gérard Depardieu, Steve McQueen ont tous droit à leur édition, de même que Marlon Brando, un des monstres sacrés du cinéma américain.

Suivre le parcours de celui qui a marqué l'imaginaire dans son rôle du Parrain n'est pas de tout repos; le panorama de sa vie met en lumière une existence compliquée, douloureuse, aux échecs aussi sombres que les succès ont été éclatants.

Brando, dont le nom s'écrivait à l'origine Brandeau (il a des origines françaises), fera rêver l'Amérique tout entière avec ses rôles dans Un tramway nommé désir et Sur les quais d'Elia Kazan, pour lequel il remportera un Oscar. Il est intense, il est beau comme un Dieu, il a du talent. Cependant, sa personnalité est trouble et son caractère en déroute plus d'un. Brando se fera très rapidement une réputation de travailleur difficile qui rendra les patrons de studios frileux à son endroit. Ses caprices font tourner des productions à la catastrophe. Par exemple, pendant le tournage à Tahiti des Révoltés du Bounty, Brando exige de reprendre plusieurs scènes, se présente fatigué sur le plateau (il joue du tam-tam toutes les nuits) et abuse de la cuisine locale. Les retards s'accumulent et l'acteur, malin, a une clause dans son contrat qui lui promet cinq mille dollars de dédommagement par jour de dépassement sur le plateau. Il en touchera 750 000, à part son cachet de départ... Le film est un fiasco et un gouffre financier.

Les années qui suivent sont difficiles, on hésite à l'engager, d'autant que physiquement il n'est plus le jeune premier qui faisait rêver les jeunes filles. La renaissance passera par un jeune réalisateur du nom de Francis Ford Coppola qui travaille sur l'adaptation cinéma du roman Le Parrain de Mario Puzo. Il ne voit que Brando dans le rôle de Don Corleone. Les studios refusent. Coppola prend sa caméra 16 mm et demande à l'acteur de faire ce qu'il ne fait plus depuis des années : passer une audition, faire un essai. Sa brillante composition du mafieux new-yorkais fait changer d'avis les producteurs. Ils acceptent de l'engager, mais à un salaire minime : 100 000 dollars, pas un sou de plus (il lui arrivait de toucher 1 million $ par film). Brando signe, mais se négocie un petit pourcentage sur les recettes. Demande acceptée par les patrons, qui ne croient pas tellement à ce film réalisé par un jeune inconnu. On connaît la suite de l'histoire...

De ce grand acteur, on retient l'hallucinante présence physique et la capacité à se mouler dans des rôles aux profils diamétralement opposés. Comme le dit la célèbre formule, « après sa musique, le silence qui suit est encore du Mozart ». On peut penser la même chose du surprenant Marlon Brando.

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