Le poids de l'âme

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Il s'agit d'une théorie développée au début du XXe siècle par un médecin américain, Duncan MacDougall. Selon lui, au moment de notre mort, peu importe notre taille, notre âge ou notre poids, nous perdons tous 21 grammes. Vingt et un petits grammes qui s'envoleraient on ne sait où, ni pourquoi. Et ce principe s'appliquerait à tous les humains, sans exception. Pour MacDougall, cela correspond au poids de l'âme qui s'échappe de notre enveloppe corporelle une fois notre heure finale venue.

Cette théorie a inspiré le brillant réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu. En 2003, après le remarqué Amours chiennes, il sort sa première oeuvre avec un grand studio américain : 21 grammes, mettant en vedette Sean Penn, Naomi Watts et Benicio del Toro. Les trois acteurs sont bouleversants de vérité dans ce récit complexe sur la mort, la vie et la survie après un traumatisme.

Naomi Watts en met plein la vue dans son rôle de mère de banlieue dont l'univers s'écroule du jour au lendemain. Son jeu est juste, tout en finesse et en nuances, comme celui de Penn et de del Toro. La distribution entière de ce long-métrage mérite une mention spéciale. Charlotte Gainsbourg, en femme flouée par son mari égocentrique obsédé par une autre, tire aussi son épingle du jeu.

21 grammes est un film difficile. D'abord parce qu'il y a des morts violentes qu'on anticipe et qu'on ne veut pas voir. Mais elles ne sont pas évitables, et on devra y faire face. La douleur qui se dégage de ces décès est palpable et troublante. On souffre avec ceux qui restent, ceux qui doivent vivre un deuil. L'injustice dont ils sont l'objet arrache les larmes.

Ensuite, et c'est là le génie d'Inarritu, ce récit est difficile parce que dès les premières minutes du film, on prend connaissance de l'issue de l'histoire, de sa conclusion. On sait donc rapidement le quoi, mais pas le comment. Il faut suivre, être attentif, faire des liens. Brillamment orchestrée, cette oeuvre dont les scènes s'enchaînent mais ne se suivent pas chronologiquement, s'assemble comme un puzzle et révèle au final des détails insoupçonnés. Il arrive qu'on perde de la substance lorsque la forme d'un projet est éclatée, inventive. Pas ici. Le réalisateur de Babel livre un cinéma créatif et émotif. Un combo pas si courant.

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