Paris pas tranquille

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Henry Miller

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Depuis toujours, Paris inspire et attire les créateurs de tous horizons et de toutes nationalités. La Ville Lumière a hébergé son lot d'artistes venus chercher l'inspiration, le plaisir ou le dépaysement dans la capitale française.

Un des plus célèbres citoyens adoptifs de Paris est l'écrivain américain Henry Miller, qui habita l'Hexagone du début des années 30 jusqu'à l'éclatement de la Deuxième Guerre mondiale. Son oeuvre fut profondément marquée par son séjour en sol européen. Jours tranquilles à Clichy (1956) évoque cette période agitée de la vie de l'auteur de Tropique du cancer.

Avec son écriture au style impudique, direct, sans fioritures, Miller nous dépeint la vraie vie de bohème des artistes dans Jours tranquilles. Le sexe et le plaisir sont au centre de leurs préoccupations; on recherche constamment de la compagnie dans les quartiers mal famés le soir venu, on rentre ivre à sept heures du matin, on attrape la chaude-pisse par une copine qui se disait clean...

L'aventure est au coin de la rue à Clichy. Et la faune, bigarrée, surprenante, est à la fois excitante et inspirante pour le jeune écrivain. Il y a la putain à la jambe de bois, toujours très sollicitée, et l'ami Carl, qui tombe amoureux aussi longtemps que son désir demeure ferme. La recherche d'argent fait aussi partie du quotidien. Comme l'écriture ne rapporte pas encore assez, il faut dégoter des francs un peu partout pour arriver à survivre. On vend des bouteilles de pinard vides, on emprunte, on vide les poches des copains quand ils ont le dos tourné. Parfois, on doit même mettre en gage la machine à écrire afin de se payer baguette et saucisson. Et, pourquoi pas, une fille de joie au passage...

Jours tranquilles à Clichy, c'est la chronique d'un Américain qui mord à pleines dents dans une France libertine aux moeurs moins coincées que celles des États-Unis. Miller, qui ne fait pas dans la dentelle érotique, arrive à nous faire ressentir l'effervescence et l'insouciance de cette époque d'avant-guerre à Paris. Celui qui a fait face à des poursuites pour obscénité avec la publication de Tropique du cancer peut se targuer d'être parvenu à repousser les tabous littéraires grâce à son écriture crue et sans compromis.

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