Un tueur si proche

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Christian Bale

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Il est venu après Hannibal Lecter, le plus célèbre de tous les psychopathes de fiction. Lorsque American Psycho est sorti en librairie en 1991, l'écrivain Brett Easton Ellis a fait face à de très violentes critiques sur son sombre héros, Patrick Bateman.

La violence du roman, les insoutenables passages de viol, de décapitation, et la froideur clinique de l'écriture ont fait scandale aux États-Unis. L'auteur a même été dans l'obligation d'engager un garde du corps pour assurer sa sécurité devant l'avalanche de menaces de mort dont il était l'objet.

Le personnage principal du livre, Patrick Bateman, est un «golden boy» de Wall Street superficiel et prétentieux, obsédé par l'image qu'il projette et par sa garde-robe dernier cri. Le monde dans lequel il vit est un monde où l'argent n'est pas un problème et où ne pas avoir de réservation au plus chic restaurant de Manhattan est un drame national. Bateman est l'incarnation du vide intérieur dans toute sa splendeur.

Le soir venu, il se transforme en assassin sans pitié qui élimine aussi bien des clochards et des prostituées que des collègues de travail. Forcément, Hollywood a voulu transposer sur grand écran l'univers tordu de ce sadique qui vibre en écoutant du Huey Lewis and the News et qui porte des complets signés Valentino.Le film qu'on a tiré du roman (2000) rend assez bien l'esprit du bouquin. C'est Christian Bale qui personnifie Bateman (avant de personnifier plus tard... Batman). Avec son visage placide et crispé, il est parfait dans ce rôle, valsant avec aisance entre l'image de l'avocat en contrôle et le malade mental qui achève ses victimes à la tronçonneuse. Certaines séquences s'avèrent d'ailleurs assez difficiles à regarder...

Mais ce récit n'est pas que la description sanglante de la vie d'un schizophrène; American Psycho est aussi une fable sur les apparences trompeuses, la vanité et le désir d'être in à tout prix dans le New York de la fin des années 80.

Quand on parle de superficialité et d'hypocrisie, le film a été classé 17 ans et plus à sa sortie par les autorités, non pas à cause des attaques à la hache et des multiples dépeçages sanglants, mais bien parce que Bateman se paye un trip à trois avec deux prostituées. Rien n'est simple en Amérique.

Portrait d'une génération perdue, sans repères, cette oeuvre sur le vide intérieur fait encore mouche aujourd'hui.

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