Maïs en suspension

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Steven Spielberg a déjà dit qu'il savait qu'un de ses films allait être un succès quand un jour, en salle, il a aperçu un enfant la main droite dans les airs, la bouche ouverte, avec un pop-corn en suspension, trop captivé par l'histoire projetée sur l'écran pour compléter son geste et avaler sa friandise. Gageons que tout au long de sa riche carrière, bien des bouchées de maïs se sont perdues grâce à la maestria du père d'Indiana Jones.

L'enfance tient toujours une place prépondérante dans l'univers de Spielberg. Que ce soit le petit Elliot de E.T. ou les jeunes en fuite devant les dinosaures déchaînés dans Jurassic Park, il y a toujours des gamins dans ses films. Même que certains enfants sont devenus grands alors qu'ils n'auraient pas dû...

Comme dans Hook (1991), où il est justement hallucinant d'assister à la transformation physique de Robin Williams, qui joue un avocat sérieux et stressé n'ayant d'autre choix que de retomber en enfance. Lorsque le terrible Capitaine Crochet kidnappe son fils et sa fille, il est contraint de repartir au pays imaginaire et de redevenir celui qu'il était avant, c'est-à-dire le spectaculaire Peter Pan.

La performance de l'acteur tient du génie et cette connivence qu'il affiche dans ses scènes avec des jeunes nous rappelle comment il était doué pour le jeu avec de petits enfants. Le film, que j'ai revu récemment, a bien vieilli et parvient encore aujourd'hui à tenir en haleine jeunes et moins jeunes. D'autant que Dustin Hoffman, en méchant Crochet, nous en met aussi plein la vue. La troupe de Pan, formée des enfants perdus, se mesure à un adversaire peu commode. Malgré une tiède réception critique, Hook demeure un des grands succès de Spielberg affichant des recettes dépassant les 300 millions de dollars.

Avec une filmographie comptant 28 productions à titre de réalisateur et de nombreuses autres à titre de scénariste ou de producteur, Steven Spielberg fait partie des plus grands cinéastes américains vivants. Celui qu'on surnomme The Entertainement Kid affiche un parcours atypique, où des oeuvres de pur divertissement (E.T., Jurassic Park, Jaws) côtoient des productions au contenu plus complexe (La couleur pourpre, La liste de Schindler). Cette habileté à passer d'un registre à l'autre lui a permis à la fois de remporter des Oscars et de devenir le réalisateur le plus rentable de l'histoire du cinéma (presque 10 milliards de recettes pour l'ensemble de ses films sur la planète). Une réussite à la fois critique et commerciale, ça ne se voit pas tous les jours.

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