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Nikita, alias Anne Parillaud...

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Nikita, alias Anne Parillaud

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À une certaine époque, lorsqu'on parlait de films français, l'image qui s'imposait était celle de films bavards, lents, style Éric Rohmer, où les protagonistes n'en finissaient plus de pérorer sur le sens de la vie ou l'absence de sens de celle-ci, en savourant un café crème sur une terrasse bondée de Paris. On pensait rarement à des explosions, des poursuites en voiture, des espions assassins à la solde du gouvernement.

En 1981, par exemple, Indiana Jones fracassait les records d'entrée au box-office en Amérique. En France, c'était La chèvre qui cartonnait. Pas le même niveau d'intensité. Une question de genre, quoi. Jusqu'à l'arrivée de Luc Besson. Là, on a cessé de rigoler et de penser que le rythme endiablé et l'action enlevante étaient le lot des Américains...

Besson a fait une entrée remarquée dans le monde du cinéma français avec Le dernier combat (1983), Subway (1985, avec Christophe Lambert et Isabelle Adjani) et bien entendu Le grand bleu (1988), succès public mondial avec ses 11 millions d'entrées sur la planète. Mais c'est avec Nikita (1990) que Luc Besson a cassé la baraque et démontré que le cinéma de l'Hexagone n'avait rien à envier aux Américains en matière d'intensité et d'action.

Dans Nikita, Anne Parillaud incarne une jeune toxicomane à qui on offre une chance de refaire sa vie après un cambriolage raté. De jeune fille paumée, elle deviendra une redoutable machine à tuer pour les services secrets français.

Entraînée par l'impitoyable Bob (remarquable Tchéky Karyo), Nikita se verra confier des missions de plus en plus périlleuses. Mais attention, on n'a pas affaire ici à une agente indestructible sur qui les balles de Kalachnikov glissent sans jamais l'érafler... Cette femme-là reste humaine, profondément, et accomplit sa tâche au prix d'immenses efforts. Sa vulnérabilité ajoute une touche d'humanité au monde froid et sans scrupules dans lequel elle évolue.

Objet de multiples reprises (Hong-Kong, États-Unis), inspiration d'une série télé à succès (avec Roy Dupuis), Nikita fut une réussite retentissante qui ouvrit les portes des grands studios au réalisateur Luc Besson. Il tournera en Amérique quatre ans plus tard Léon (1994), avec Jean Reno et une toute jeune Natalie Portman, qu'on verra par la suite dans Star Wars.

Avec ces deux productions, Besson démontre au monde entier qu'un Français peut sans problème réaliser des films d'action costauds, intenses, et qui plaisent au grand public. Ce même grand public qui peut ensuite se repaître d'un long métrage aux denses dialogues, l'un n'empêchant pas l'autre...

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