Quelqu'un de l'intérieur

Clive Owen...

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Clive Owen

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Le crime parfait. Fantasme des bandits en tous genres, inspiration de nombreux créateurs depuis toujours. Par exemple, Thorwald, le représentant de commerce de Fenêtre sur cour (1955), pensait bien avoir commis le meurtre de sa femme dans le plus grand des secrets. Erreur. Quelqu'un l'observait dans l'immeuble d'en face et a vu clair dans son jeu.

Comme spectateur, on aime bien que le vilain qui se croit au-dessus de tout se fasse coincer. C'est rassurant, sécurisant. On voit qu'il y a une justice dans ce bas-monde, que, contrairement à la chanson de Leonard Cohen, les good guys ne perdent pas tout le temps.

Dans le cas d'Inside Man de Spike Lee (2008), on espère plutôt le contraire, on en vient à souhaiter que le vol de banque réussisse, que les preneurs d'otages s'en sortent indemnes et s'enfuient avec le magot. Vraiment pas habituel comme point de vue.

Denzel Washington incarne dans Inside Man un bon flic intense, intelligent et astucieux, qui se retrouve au coeur d'une affaire particulière; une prise d'otage en plein jour, au centre-ville de New-York, à l'intérieur d'une toute petite banque. Alors que l'intention de départ semble assez clair, l'affaire se complique lorsque le policier se rend compte que l'argent n'est pas la motivation des bandits. Il devient vite évident que les ravisseurs font des demandes exagérées afin de gagner du temps, de rester à l'intérieur du bâtiment, d'éviter que tout aille trop rapidement. Cette méthode est habituellement le lot des autorités dans pareille affaire, pas le contraire. Alors pourquoi? Pourquoi opèrent-ils ainsi? Là est toute la question...

La guerre psychologique que se livrent le détective (Washington) et le leader des braqueurs (brillant Clive Owen), est absolument délicieuse. Les deux acteurs en mettent plein la vue avec nuance et efficacité. Jodie Foster, Willem Dafoe et Christopher Plummer complètent la distribution de haut calibre de cet excellent divertissement. La finale, inattendue, fait sourire et aide à attacher les fils du récit livré de façon non-chronologique.

De plus, au-delà du simple aspect braquage/police/bandit, le film soulève une question intéressante: est-ce que voler quelqu'un qui a un passé trouble est moralement défendable? Le brigand devient-il alors justicier ou bien il demeure quand même un criminel posant un geste répréhensible?

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