Mentir gros

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Philip K. Dick

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«Plus le mensonge est gros, plus il passe. Plus souvent il est répété, plus le peuple le croit... » Cette citation, attribuée au ministre de la propagande nazi Joseph Goebbels, résume bien l'essence du propos de l'écrivain Philip K. Dick dans son roman La vérité avant-dernière (1964).

La manipulation des masses est au coeur de ce récit aux idées étrangement familières pour le lecteur du vingt-et-unième siècle. L'imagination de Dick, qui est aussi à l'origine des classiques Blade Runner et Total Recall, prend parfois des allures prophétiques...

L'histoire est simple : des millions de personnes se sont réfugiées dans des abris souterrains lorsque la Grande Guerre a éclaté, 15 années plus tôt. Convaincu que le conflit fait toujours rage, ce peuple du dessous attend de pouvoir remonter à la surface lorsque la situation le permettra. Sur leurs écrans télé, ils boivent les paroles du Grand Protecteur, cet homme qui poursuit le combat sans relâche là-haut, et pour qui ils fabriquent des soldats robots à la chaîne. Les messages qui leur parviennent évoquent des radiations mortelles et des gaz dangereux pour tout être vivant. La sécurité se trouve sous terre, pas de doute dans leur esprit.

Cependant, la vérité est tout autre.

Le grand champ de bataille radioactif n'existe pas. La Troisième Guerre mondiale est terminée depuis longtemps et une poignée de privilégiés se sont partagé le territoire, érigeant leurs forteresses sur de vastes domaines luxuriants. Afin d'éviter de perdre ses acquis, cette élite a convenu de maintenir dans l'ignorance la majorité du peuple en l'abreuvant de faux messages décrivant une guerre imaginaire.

Même le Grand Protecteur, cet homme en qui la population du dessous a une foi aveugle, est factice; il s'agit en vérité d'un robot, programmé pour berner ceux qui vivent sous terre. Mais un jour, un homme sera contraint de remonter vers la surface et sera confronté à la choquante réalité...

Ce roman aborde avec beaucoup de finesse le thème de la manipulation à grande échelle et l'immense talent de ceux qui veulent faire passer un message, véridique ou pas. Les stratégies dans l'orchestration du mensonge organisé donnent froid dans le dos et rappellent quelques méthodes bien éprouvées de certains gouvernements au cours de l'histoire.

La conception de la vérité de ces millions d'individus vivant sous terre s'articule via le prisme des médias. C'est en s'abreuvant des versions officielles diffusées à la télé jour après jour, sans remise en question, qu'ils sont convaincus que la guerre bat toujours son plein, que le monde est tel qu'on le leur dépeint.

Heureusement, le monde d'aujourd'hui n'est pas ainsi fait. Ou peut-être l'est-il?

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