Sans résolution

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A.E. Van Vogt

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La nouvelle année apporte son lot de résolutions. On souhaite être plus ceci, moins cela. On espère avoir l'énergie et la volonté d'accomplir tel projet, tel objectif. On mangera moins de viande rouge et plus de tofu (du moins, on essaiera).

Le mois de janvier, à une certaine époque révolue, était aussi le moment idéal pour réfléchir à nos vieux péchés et chercher la voie de la rédemption et du pardon. Mais ça, c'est lorsqu'on a le sentiment sincère d'avoir péché, et qu'on souhaite faire acte de contrition. La notion de culpabilité ne s'étend cependant pas à tous, comme le démontre le comportement de notre héros de la semaine.

Il s'appelle Steven Masters. C'est un gosse de riche gâté, lâche, menteur et prétentieux. L'argent de son père lui a conféré une supériorité sur ses semblables et il en profite à plein. Il drague sans vergogne, passant d'une femme à l'autre comme il change de chemise. Il terrorise ses domestiques et affiche une arrogance extrêmement déplaisante avec quiconque croise sa route. Jusqu'au jour où, prenant part à une mission sur Mittend, une planète étrangère, il se retrouve happé par une force étrange qui s'empare de son esprit.

Dès lors, via un surprenant phénomène de transfert, la conscience de Steven Masters sera retournée sur terre, dans les corps d'individus qu'il a un jour fait souffrir. La puissance extraterrestre qui s'est emparée de lui a des idéaux très élevés et contraindra le jeune Terrien à expérimenter la douleur afin de mieux combattre des forces étrangères par la suite.

C'est du cerveau d'A.E. Van Vogt qu'est sortie cette histoire, L'homme multiplié, en 1974. L'écrivain, originaire du Canada, est considéré comme un des plus importants auteurs de science-fiction du vingtième siècle, au même titre que Arthur C. Clarke ou Philip K. Dick. Son classique Le monde des A, traduit en français par Boris Vian, a contribué à étendre sa popularité en Europe.

Son style sobre et sa plume agile font en sorte qu'on ne s'y perd pas trop en notions futuristes et en termes technologiques dans ses histoires. L'homme multiplié est un récit amusant, aux références plus qu'évidentes aux concepts religieux catholiques. Le pécheur, s'il souhaite l'absolution, doit nécessairement (et personnellement) réparer les dommages qu'il a causés. Masters, fils de milliardaire, expérimentera la douleur s'il souhaite grandir et s'en sortir. Parce que comme disait monsieur le curé, sans pénitence, point de salut.

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