Un petit verre de vino?

Féru de culture et de vin, Bernard Pivot.... (Archives, La Presse)

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Féru de culture et de vin, Bernard Pivot.

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On le connaît comme amoureux des livres, moins comme amoureux du vin. Bernard Pivot, l'animateur des classiques émission Apostrophes et Bouillon de culture, aime les bonnes bouteilles et a le vin gai. C'était un motif suffisant pour publier Le dictionnaire amoureux du vin (Plon, 2006), un ouvrage personnel, original, sur la relation qu'entretient le célèbre journaliste avec le divin nectar.

Il ne s'agit pas d'un ouvrage historique, encore moins d'une encyclopédie. On aborde ici le vin comme on devrait le faire quand on le boit, avec un désir de découverte, une recherche du plaisir et une envie de partage. Pivot, qui a passé une grande partie de son enfance dans les vignes familiales, considère les vignerons comme des auteurs, des artisans, des artistes. Ainsi, son dictionnaire se veut autant un hommage aux créateurs du liquide qu'un ouvrage informatif non exhaustif sur des expressions, des mythes et des histoires reliés au vin.

Par exemple, au mot Millésime, on apprend qu'une inscription sur une amphore romaine retrouvée par des archéologues démontre que 182 avant J.-C. est le plus ancien millésime répertorié! L'an de grâce de 1603 fut longtemps considéré comme un grand millésime. Cette année-là, une comète traversa le ciel et les vignes donnèrent du raisin en abondance. Les paysans en conclurent donc que comète = fastueuse récolte. Le passage de la comète de Halley, en 1910, combiné à une production ordinaire, ramena les vignerons sur terre.

À la lettre G, on évoque la guerre, occasion de pillage des caves par les conquérants. Bernard Pivot rappelle comment les Allemands vidèrent la région viticole de Champagne pendant la Deuxième Guerre mondiale. Les dignitaires du Reich étaient tous amateurs de bulles et ne se sont pas privés lorsque l'occasion de faire des réserves s'est présentée. Mais certains Français ont joué d'astuce. Ainsi, André Terrail, propriétaire du célèbre restaurant La Tour d'Argent de Paris, arriva à berner les nazis en faisant murer une partie de la cave à vin de l'établissement par son fils. L'envahisseur n'y vit que du feu, et 20 000 bouteilles furent sauvées du pillage.

En amateur de littérature, l'auteur recense aussi toutes les déclinaisons possibles et imaginables de la langue française pour désigner quelqu'un qui a trop bu. On dira de celui qui a abusé qu'il est: paf, ivre, soûl, rouillé, parti, bitumé, bourré, torché, rond comme un tonneau. De savoureuses expressions s'appliquent aussi à la personne en état d'ivresse: "il a chaud aux plumes", "il a la gueule en chocolat" ou encore "il a pris un coup de soleil à l'ombre". Ça ira? Vous en avez assez pour votre party de bureau?

Ce dictionnaire est un ouvrage qui se déguste à petites lampées, comme un grand cru qu'on voudrait étirer le plus longtemps possible. À la bonne vôtre!

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